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Environnement

Un gras persistant : Spécial POP 2 santé et environnement

Favori Impression :: Spécial POP 2 santé et environnement Daniel HuotDaniel Huot
Paru le 11 août 2000
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Les lecteurs de l'Aquilon savent que les polluants organiques persistants (POP), également connus par le nom de polluants organiques rémanents, voyagent parfois des milliers de kilomètres avant de se retrouver prisonniers des eaux et des glaces arctiques. Toutefois, l'eau et la glace ne sont pas les risques principaux pour la santé des consommateurs. Les POP s'accumulent avec le temps dans le gras des animaux. La bio-amplification fait également en sorte que plus on remonte la chaîne alimentaire, plus les niveaux de POP sont élevés. Les êtres humains et les ours polaires sont donc les animaux les plus à risques d'accumuler ces substances.

« En remontant la chaîne alimentaire, on s'aperçoit que les carnivores consomment les POP accumulés dans la graisse des herbivores », a indiqué Marc Richard, un agent de communication pour l'Agence de lutte anti-parasitaire.

Les herbivores sont moins exposés puisque les plantes contiennent peu de matières grasses. Une comparaison rapide démontre que les ours polaires carnivores habitant le sud-est de l'île Victoria ont une concentration de BPC 9 000 fois plus élevée dans leur graisse que les caribous herbivores de la même région.

La connaissance des POP dans la faune est un phénomène récent. Au cours des années 70, des chercheurs ont trouvé des traces de DDT, un pesticide, dans le foie de phoques marbrés ; le DDT n'est pas employé dans les zones arctiques.

L'ensemble des pays circumpolaires surveille les POP dans l'environnement nordique. Ils craignent que leurs peuples autochtones, grands consommateurs de nourriture traditionnelle, s'exposent à des risques pour leur santé. Au Canada, les Inuits ont été plus affectés que les Dénés puisqu'ils consomment plus de mammifères marins.

Selon l'avis de plusieurs experts, remplacer la nourriture traditionnelle par une nouvelle alimentation pose des risques pour la santé. Il est difficile de compenser la dose quotidienne de vitamines et de minéraux d'un repas habituel par celui d'un autre régime. La nourriture traditionnelle est également bon marché pour les peuples autochtones qui en consomment. « Certains bélugas ont démontré des niveaux de contamination un million de fois supérieur à celui de l'eau dans lequel ils nagent », a indiqué le Dr Sylvain Chouinard. « Aujourd'hui, la limite quotidienne pour la consommation de muktuk (chair de baleine) équivaut à un cube de sucre. Dépasser cette dose est nuisible pour la santé », s'est-il indigné. « C'est la nourriture traditionnelle des Inuits. Si la contamination empire, nous atteindrons peut-être le point où il faudra cesser de manger ces aliments ». « On peut consommer le poisson dans les grands lacs en toute quiétude. Les résultats d'expériences démontrent que les concentrations de contaminants ne sont pas inquiétantes ».

Marc Richard soutient que la base d'huile des POP explique leur présence dans le gras des animaux. Il affirme que l'huile et l'eau ont tendance à se séparer l'un de l'autre. L'eau et l'huile sont donc une mixture hétérogène comme une vinaigrette italienne.

Puisque les POP sont persistants, certains d'entre eux peuvent demeurer dans les organismes pendant des années, des décennies, voire une vie entière.
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