Environnement : Simuler le pergélisol

17 février 2011
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À la surface, l'artéfact ancestral de la mine Giant cotoie désormais une technologie au look futuriste. Cette
cohabitation ne perdurera pas, alors que le puit de
mine doit être démoli durant les trois prochaines années.
(Photo : Maxence Jaillet)

À la surface, l'artéfact ancestral de la mine Giant cotoie désormais une technologie au look futuriste. Cette cohabitation ne perdurera pas, alors que le puit de mine doit être démoli durant les trois prochaines années. (Photo : Maxence Jaillet)

Canalisations de réfrigérant, thermosiphons, instruments de contrôle… Une étude de 20 millions de dollars
sera bientôt en mode d’exploitation à la surface et dans le sous-sol de la mine d’or Giant.



À quelques kilomètres du centre-ville de Yellowknife, sur le site de la défunte mine Giant, le ministère des Affaires indiennes et du Nord (MAINC) s’applique à mettre en place toutes les installations nécessaires à l’étude de la méthode des blocs congelés. Cette méthode, choisie en 2004, doit assurer la gestion à long terme des 270 000 tonnes de résidus toxiques provenant de 50 ans d’exploitation aurifère. L’étude sur l’optimisation de la congélation des chambres souterraines de stockage de la poussière de trioxyde de diarsenic sera en pleine marche au début du printemps 2011. C’est la première étape utilisée par l’équipe d’assainissement de la mine pour maîtriser toute la technologie et améliorer leurs connaissances sur une nouvelle application de cette méthode de réfrigération connue. Commençant par une seule chambre, sur les 15 abritant la poussière toxique, la congélation de la roche entourant la cavité pourrait prendre d’un à deux trimestres. Le temps pour congeler la totalité de la chambre sera connu grâce à cette étude. Le MAINC espère transposer cette expertise sur le reste du processus ciblant les autres cavités souterraines afin d’optimiser l’efficacité de cette méthode. « On apprend de nos erreurs », sermonne Martin Gavin, le gestionnaire du plan d’assainissement de la mine Giant. « Cette étude va nous permettre d’être plus efficaces, et d’économiser l’argent des contribuables », clame-t-il. En dessous de la cavité se trouve un réseau de canalisation permettant de congeler la roche où repose la chambre d’entreposage. Ce sont des canalisations où circule du glycol, un liquide réfrigérant alors que la température de la roche sera maintenue par l’œuvre de thermosiphons qui ne nécessitent pas d’électricité pour fonctionner. Plusieurs équipements de contrôle sont également utilisés durant cette phase d’optimisation. « Le coût de l’étude est considérablement plus élevé que ne le seront les installations pour les autres chambres, car nous n’utiliserons pas trois types de foreuses, ni tous ces équipements de contrôle qui nous permettent de recueillir de multiples données pour l’optimisation. Une fois que l’on sait comment bien faire, notre efficacité augmente de 10 % à chaque nouvelle installation », de prétendre Martin Gavin.

Ce dernier avance que les estimations préliminaires évaluent le travail d’assainissement sous terrain à un montant de 200 à 250 millions de dollars, qui s’ajoute à un autre 250 millions de dollars pour l’assainissement en surface de la mine. Après 2012, lorsque le plan d’assainissement est censé être enclenché, celui-ci sera complété dans un intervalle de temps estimé à 8 ans. « Après cette période, et trois autres années où la végétation et les aménagements placés en surface seront contrôlés, il faudra environ 500 000 $ par année pour maintenir le site. Alors qu’actuellement, il en coûte 7 millions de dollars par année », explique le gestionnaire du plan d’assainissement.

L’équipe de l’assainissement de la mine espère organiser un événement officiel, au mois d’avril ou mai 2011, lorsque l’étude d’optimisation sera en activité à 100 pour cent.