Vaincre les obstacles : Sculpture du Nord

22 octobre 1999
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La semaine dernière, les artistes et les ouvriers travaillant au projet de sculpture du rocher MacAvoy pliaient bagage et rangeaient leurs outils. Après sept semaines de dur et inlassable labeur, le projet est pratiquement fini. Il ne reste qu’un texte de présentation à graver et les motifs à peindre pour cette oeuvre intitulée " Fleuve de la vie ". " Ça été beaucoup de travail ", a expliqué l’artiste sculpteur Armand Vaillancourt. " On a donné trois fois plus qu’on s’attendait au début. " Mais la tâche n’aura pas été facile surtout en tenant compte de la matière sur laquelle les gens avaient à travailler. " Ce granite, c’est ce que j’ai vu de plus dur depuis des années ", a mentionné Armand Vaillan-court. " Ça a pris beaucoup d’énergie, beaucoup de sable et beaucoup de temps. " Il est tellement dur ce granite que l’équipe à dû reprendre le sablage sous pression de certains des motifs qui étaient trop superficiels. " On a repris ça. On a creusé davantage ", explique Armand Vaillancourt. Beaucoup de temps consacré au travail mais peu de temps, malheureusement, pour mieux connaître la communauté de Yellowknife. " Notre rythme, c’était manger-coucher-travailler. On n’avait pas de temps pour le mondain ", a souligné Armand Vaillancourt. " On n’a pas vu le temps passé ", explique par ailleurs Johanne Beaulieu. " On a travaillé sept jours sur sept ". Johanne explique qu’Armand Vaillancourt est un gros travailleur qui colle à son oeuvre. " Il ne peut pas prendre une journée de repos. " En fait, les seuls contacts ont été avec les gens qui travaillaient sur le site, avec les restaurateurs des environs et avec les gens qui sont venus pour laisser l’équipe tracer le contour de leurs mains. " On a rencontré beaucoup de monde avec les mains. C’est là qu’on a senti une bonne réceptivité pour le projet ", souligne Johanne Beaulieu. Malgré tout, Armand Vaillancourt s’est fait une opinion face à la communauté du Nord. " Il se dégage quelque chose de mystérieux. On retrouve ici une énergie qu’on ne retrouve pas ailleurs. Les gens sont gentils et durs à la fois. Ils sont calmes ", explique Armand Vaillancourt. " Il se dégage d’eux un côté humoristique, une gaieté qu’on ne retrouve pas dans les grands centres urbains. " Le travail de planification sur ce projet a débuté en 1997 et pour Armand Vaillancourt, il était nécessaire que l’oeuvre soit significative du point de vue culturel et sociologique.

La température n’aura pas beaucoup nui à la poursuite des travaux. Pour l’équipe de graveurs au jet de sable sous pression, la pluie est beaucoup plus nuisible que les temps froids qui ont sévi au cours des deux dernières semaines. Mais même lorsqu’il pleuvait, l’équipe continuait à travailler dans les abris, à terminer des tracés de mains ou à constituer la carte géographique de la sculpture qui aidera les gens à retrouver la gravure de leur main.

Armand Vaillancourt est fier des résultats. " On a tout fait ça en moins dedeux mois. Pas beaucoup de monde aurait pu faire ça. "Il rappelle que toute l’infrastructure pour réaliser l’oeuvre a dû êtrebâtie de toutes pièces. Il est particulièrement fier de son échafaudagemobile qui permettait de travailler le plastique collé au rocher et de faire le sablage sous pression. " C’était beau à voir. C’était un genre deballet grimpé dans les câbles. "Malgré quelques frictions lors des travaux, l’oeuvre est presque achevée. "Je suis le serviteur et le maître d’oeuvre. Malgré les caractères différentset les problèmes, il fallait sauver l’oeuvre. "