Aires protégées : Saoyú et ?ehdacho, le cœur battant de la culture du Sahtu

16 avril 2009
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Un camp culturel annuel se tiendra sur ces nouveaux sites protégés pour partager à
l'ensemble des canadiens le patrimoine culturel des autochtone de la région du Sahtu. (Photo : NWTPAS)

Un camp culturel annuel se tiendra sur ces nouveaux sites protégés pour partager à l'ensemble des canadiens le patrimoine culturel des autochtone de la région du Sahtu. (Photo : NWTPAS)

Le plus grand lieu historique national du Canada vient d’être protégé sur les rives du Grand lac de l’Ours.

Premier site historique national du Nord cogéré par Parcs Canada et un groupe autochtone; premier paysage culturel du Nord commémoré par le gouvernement fédéral; première aire protégée établie en vertu de la Stratégie des zones protégées des TNO. C’est la liste annoncée par le ministre de l’Environnement, Jim Prentice, alors qu’il présentait, ce mardi 14 avril, la protection permanente du lieu historique national du Canada Saoyú et ?ehdacho. Ces deux sites protégeant désormais les deux péninsules à l’ouest du Grand lac de l’Ours d’une superficie de 5 565 km2 .

Lors de la cérémonie qui s’est déroulée à Deline, située au milieu de ces deux péninsules protégées, les trois parties impliquées dans l’entente de cogestion, soit le gouvernement du Canada, la Deline Land Corporation et le Deline Renewable Resources Council ont tenu à souligner le caractère symbolique de cette annonce. « Saoyú et ?ehdacho représentent un paysage culturel autochtone d’une grande importance pour les peuples du Sahtu et revêt une signification historique nationale pour l’ensemble des Canadiens et Canadiennes », de dire Jim Prentice en s’assurant heureux que le Canada mette en œuvre la conservation à long terme de cette partie du Nord du Canada et de son patrimoine, pour que les aînés puissent continuer à transmettre leur savoir et leur expérience aux générations plus jeunes de Sahtugot’ine.

Le chef de bande de Deline a mentionné que Saoyú et ?ehdacho étaient des lieux culturels et spirituels importants.« La terre est vivante grâce aux histoires de notre peuple. Sans les terres, les histoires meurent », a prêché le chef Raymond Tutcho.

Plusieurs légendes prennent sources autour du Grand lac de l’Ours. Une des plus connues étant celle de Coeurd’eau, qui dépeint l’aventure d’un Homme de médecine qui trouve un gigantesque cœur battant au fond du Grand lac de l’Ours. Ce cœur étant ce qui donne le souffle de vie à toutes les espèces végétales et animales, dont les humains. « C’est vraiment une chose très importante pour notre communauté, a commenté Clarence Tutcho en entrevue. Les ancêtres de mes ancêtres chassaient, piégeaient et pêchaient sur ces terres. Aujourd’hui encore nous vivons de ces deux péninsules. Lors de la cérémonie, beaucoup des personnes présentes avaient travaillé à la réussite de ce projet. Depuis que je suis petit que j’en entends parler. »

Parcs Canada sera ainsi le co-gestionnaire de cette aire protégée maintenant qu’une entente entre l’Agence fédérale et le ministère des Affaires indiennes et du Nord ait permit de transférer ces des titres de propriété de terres sous la compétence de Parcs Canada et d’être protégés en vertu de la Loi sur le parc nationaux du Canada. L’entente avec les institutions autochtones prévoit que le gouvernement du Canada versera un montant total de 8,75 millions de dollars répartis sur 10 ans pour couvrir les frais initiaux de mise en exploitation et les coûts d’exploitation courants.