Chronique Santé TNO : Santé sexuelle

28 janvier 2016
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Recueil de propos exprimés par Noémi Pinard, sexologue, lors des Chroniques Santé diffusées sur Radio Taïga les samedis à 11heures.

Plus les gens sont informés, plus leurs actions et leurs choix seront judicieux. Le lien entre l’éducation sexuelle et la promiscuité est une question de connaissance de cause. Une pensée courante veut que de parler de sexualité promeut des comportements sexuels risqués, surtout chez les jeunes. Mais il n’y a pas de lien de cause à effet entre l’éducation sexuelle et la promiscuité. Le fait de rendre les comportements sexuels mystérieux et réservés à l’âge adulte a un effet attirant pour les jeunes. Ils ont envie de le découvrir. Mais le fait d’être informé et d’en parler permet de réduire plusieurs problèmes, si l’on considère la promiscuité comme un problème en soi.

Le but de l’éducation sexuelle est formatif et informatif et soutient des relations sociales saines, car il n’est pas question que de sexe, mais bien de contact, d’interrelation avec l’autre. Oui, on parle de relations sexuelles, d’infections et de maladies transmises sexuellement, des conséquences et des responsabilités de l’acte sexuel, comme la prise de conscience de la paternité et de la maternité, mais on explore aussi le contact à l’autre par la compréhension des limites, des désirs de la personne, de la proximité, de la définition de l’intimité et en sachant différencier les relations familiales, amicales et amoureuses.

L’éducation sexuelle mène vers une introspection : quel genre de personne est-on? Quel genre de relation veut-on avoir? Quels désirs a-t-on? C’est aussi mettre en valeur le concept important de l’éducation sexuelle : le respect. Il s’agit d’un thème transposé dans son enseignement, car pour donner des cours d’éducation sexuelle, il faut respecter les individus, leur culture, leur croyance et respecter d’où ils viennent, où ils vont, et comment ils se développeront.

L’éducation sexuelle devrait être donnée par des professionnels de la santé sexuelle. Aux Territoires du Nord-Ouest, le programme a été établi dans les années 90 et nécessite une mise à jour. Les thèmes techniques comme le corps humain et le système reproductif, les maladies, la contraception sont présents, mais il manque beaucoup de réalités d’actualité : la définition du corps, le respect du corps, la définition de l’intimité émotive, la compréhension des distances d’un point de vue physique et émotif, et les différentes orientations sexuelles.

Sans faire intervenir les thèmes explicites tels que le sexe, la pénétration, les maladies... l’éducation sexuelle devrait commencer dès le primaire pour explorer l’interrelation avec l’autre, comme la reconnaissance des distances, les différents types de relations, le consentement et le droit de dire non.

L’éducation sexuelle est aussi importante chez les jeunes hommes que chez les jeunes femmes.

Un manque d’adaptabilité des méthodes de prévention pourrait être une des causes du taux élevé, aux TNO, d’infections transmises sexuellement. Il existe des méthodes de préventions imposées à l’ensemble des communautés canadiennes, sans aucune adaptabilité à leur environnement social : sans adaptabilité, sans modifications, ces outils ne sont pas pratiques, ni utilisés par la population, car ils ne conviennent pas aux façons de faire de certaines communautés. Il faut que la connaissance des communautés redevienne une priorité gouvernementale pour que ces dernières puissent partager leur vécu et que les programmes puissent mieux s’adapter à leur réalité.