La situation s’améliore : Santé des résidents du Nord

17 décembre 1999
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Selon un rapport du ministère de la Santé et des Services sociaux, l’état de santé des résidents du Nord s’est amélioré au cours des dernières décennies mais il reste encore des nuages à l’horizon. Alain Bessette Le ministère de la Santé et des Services sociaux a rendu public le 13 décembre dernier son «Rapport sur l’état de santé de la population des T.N.-O.». Le dernier rapport du genre avait été publié en 1990. Préparé par le service de santé communautaire, ce rapport examine les grandes tendances en matière de maladies et de causes de décès aux T.N.-O. Il servira de document de référence pour le gouvernement afin d’établir ses priorités d’intervention en matière de santé.

Selon le docteur André Corriveau, directeur des services de santé communautaire, qui a présenté les données principales du rapport, ce qui l’a le plus étonné lors de la préparation du rapport, c’est la bonne santé relative de la population des T.N.-O.

« Ce qui m’a surpris, c’est à quel point ont est en santé. Les tendances semblent également bonnes », a précisé le Dr. André Corriveau. En moyenne, l’espérance de vie des hommes à la naissance est maintenant de 72 ans (contre 76 dans le reste du Canada) et celle des femmes est de 77 ans (contre 82 ans au Canada). Ainsi, l’espérance de vie a augmenté régulièrement au cours des deux dernières décennies. Elle varie cependant largement selon l’appartenance ethnique. En effet, la différence entre l’espérance de vie aux T.N.-O. et le reste du Canada est attribuable principalement à l’espérance de vie des Autochtones. Ainsi, l’espérance de vie des femmes non-autochtones est de 80 ans alors que celle des femmes autochtones n’est que de 75 ans. Même situation pour les hommes alors que les hommes non-autochtones ont une espérance de vie de 75 ans et celle des hommes autochtones est de 70 ans.

D’autre indices indiquent le bon état de santé de la population. Le taux de mortalité infantile est demeuré au même niveau que celui de l’ensemble du Canada au cours de la dernière décennie. Règle générale, la grande majorité de la population se perçoit comme en bonne santé et seulement 9 % se perçoit en mauvaise santé soit le même taux que dans le reste du Canada. Finalement, les programmes de vaccination sont très bons et les taux de maladies contagieuses sont en baisse chez les enfants. Le rapport soulève cependant des points qui inquiètent. Le taux de naissance et de fertilité est en baisse aux T.N.-O. À long terme, cela aura pour effet de modifier le profil d’état de santé de la population à mesure que celle-ci sera vieillissante. En général, le taux de maladies contagieuses est similaire à celui du Sud mais il y a d’importante différences. Ainsi, le taux d’incidences de tuberculose est près de huit fois supérieur à celui du Canada. De plus, les taux d’infection de chlamydia et de gonococcie (maladies transmissibles sexuellement) sont de 7 et 8 fois supérieurs à ceux du Canada. Le taux de mortalités dues à des blessures évitables est deux fois supérieur au taux canadien.

Environ 25 % des mortalités aux T.N.-O. sont reliées à la cigarette.

Les causes

Plusieurs facteurs expliquent l’état de santé de la population des T.N.-O. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, si la quantité et la qualité des soins de santé peuvent expliquer en partie les grandes différences entre l’état de santé de la population du Nord et celle du reste du Canada, ce sont surtout des facteurs liés aux habitudes de vie, aux comportements et à un ensemble de condition socio-économiques qui sont probablement plus déterminants.

Ainsi, les mesures visant à améliorer l’état de santé de la population devraient porter sur certains facteurs qui exigent principalement des changements de comportement.

Il faudrait améliorer les habitudes de santé lors des grossesses. Il faudrait aussi avoir des programmes d’intervention auprès de la jeune enfance. De plus, la réduction de l’usage de la cigarette aurait un impact important sur l’état de santé. Finalement des programmes de promotion de l’a ctivité physique et de programmes destinés aux aînés viendraient compléter le tableau.