En ce mois d'octobre de guerres... mondiale et intestine, je dois m'arrêter
et saluer mon ami Terry, qui navigue maintenant ailleurs, sous de meilleurs
cieux, remplis de tout ce qu'il a toujours aimé : aurores boréales, cieux
pleins d'étoiles, eaux claires bourrées de poissons grouillants, silence
infini.
J'ai connu Terry dès son arrivée dans notre petite ville. J'ai tout de
suite sympathisé avec lui. Dès la première rencontre, j'ai apprécié sa
bonne bouille, son sens de l'humour, sa capacité de discuter en profondeur
de certains sujets, son engagement dans la communauté. Nous avons, à
l'occasion, passé de bons moments à discuter de la vie. Terry a été la
première personne à Yellowknife à m'avoir encouragée à écrire. Il est
également l'une des rares personnes à m'avoir écrit pour me transmettre ses
encouragements et pour pousser plus à fond un sujet que j'avais effleuré.
J'ai toujours apprécié.
J'ai également apprécié les balades en voilier avec Marie-Claire et Terry,
alors que ce dernier, un peu fatigué par de longues journées de travail
faisait un petit roupillon et que Marie-Claire tenait bon la barre en
jetant un oeil attendri sur son mari assoupi.
J'ai remarqué la discrétion avec laquelle il s'occupait des élèves de son
école, les anciens comme les nouveaux. Je l'ai déjà vu aller au centre
correctionnel visiter un ancien élève que plus personne n'allait voir. Je
l'ai su par hasard. Il n'était pas du genre à se vanter de ce genre de
chose, ni d'autres choses d'ailleurs.
Peu surprenant que Terry ait étudié en philosophie. En effet, il fait
partie d'une infime tranche de la population assez préoccupée par les
grandes questions philosophiques pour aller étudier en ce domaine. D'une
grande érudition, sa bibliothèque faisait l'envie des grands lecteurs
devant l'Éternel. Ses livres constituaient sans doute l'un de ses biens
matériels les plus précieux.
Et que dire de sa famille. Qui n'a regardé avec attendrissement et
connivence Marie-Claire et Terry passer une soirée à danser harmonieusement
au son d'une valse, d'une polka ou autre. Pas de faux pas! Que du plaisir
et des sourires. On se disait : « C'est fou ce qu'ils ont l'air bien
ensemble! » Et on ne se trompait pas. Ils l'étaient vraiment. Terry n'avait
pas à rougir de ses enfants. Je n'ai pas connu ses fils, mais je sais
pertinemment qu'il en était vraiment fier. Par contre, comme beaucoup de
gens ici, j'ai bien connu ses filles, Nathalie et Lyne. D'elles aussi,
Terry affichait une grande fierté et non sans raison. Sa vie familiale a
vraiment été une grande réussite et lui a apporté bonheur et paix du c¦ur.
Sa grande passion, la nature, l'a emporté. Elle l'a enveloppé de ses bras
intransigeants et l'a emporté ailleurs. Là où tu es Terry, tu pourras
naviguer sur ton Pourquoi pas, le nom prédestiné que tu avais donné à ton
nouveau voilier. Nous te souhaitons bon voyage et nous te disons Salut, ami
Terry. Tu resteras dans nos c¦urs et dans nos pensées!
gharvey@yahoo.com