PROJET VERT L’AVENIR : Chronique d’écosurvie : S’IMPLIQUER

04 mars 2010
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Il y a dix ans, lorsque je suis arrivé à Yellowknife, la dernière chose que je voulais c’était de m’embarquer dans la roue sans fin du monde communautaire. Je voulais avoir la paix. J’étais parti du Québec parce que j’étais tanné de la politicaillerie et des chicanes de clocher. J’ai vite réalisé que c’était pire de rester assis sur le divan à ne rien faire en attendant que la politicaillerie passe.

 

Au Québec, toutes les excuses étaient bonnes pour ne pas m’impliquer ; pas assez éduqué, pas assez connu, pas assez informé… À Yellowknife, où il est possible d’aller prendre un café avec le premier ministre, ma perception du monde a changé. Tout à coup, je n’étais plus un simple numéro d’assurance sociale parmi tant d’autres. Les « dirigeants », ces personnes aussi humaines que vous et moi, étaient accessibles.

 

Il me semble que Yellowknife, comme probablement plusieurs autres petites villes, a une dynamique plus « humaine » que les grandes villes canadiennes dans lesquelles j’ai vécu.

 

Pour la plupart des êtres humains modernes, prendre la parole est probablement un besoin de base. Prendre la parole, mais surtout être entendu. Par exemple, si j’avais à prendre la chance d’être entendu par Stephen Harper derrière son bouclier de gardes du corps et de bureaucrates ou par Floyd Roland, j’irais vers le second. Certains diront qu’il n’a pas autant de « pouvoir » que le premier ministre du Canada. Peut-être, mais pourquoi avons-nous tendance à penser que les décisions les plus importantes sont celles qui doivent être prises tout au haut de l’échelle ? On dit souvent que les décisions les plus importantes se prennent autour d’une table de cuisine. Le haut de l’échelle est bien pratique pour aller cueillir les pommes les plus hautes, mais si l’échelle n’est pas solidement supportée par une bonne fondation, on se casse la gueule.

 

Le but de la chronique de cette semaine est de vous encourager à sortir de votre salon et d’aller vous impliquer communautairement. Aller rencontrer d’autres gens, aller échanger des idées, apporter de nouvelles idées. Impliquez-vous dans une cause qui vous tient à cœur. Que ce soit le ballon-balais ou l’association francophone importe peu. Impliquez-vous pour le fun, mais aussi pour comprendre la dynamique de prise de décision d’organisation plus large que votre famille.

 

Faire partie d’une communauté veut dire plus que de simplement payer ses taxes à temps. Le « poids » de la communauté doit être réparti sur l’ensemble des individus. C’est un peu comme quand vient le temps de déménager un piano ; cinq paires de bras valent mieux que deux. Les trois paires de bras manquantes auront beau offrir tout l’argent du monde, tant qu’ils ne mettront pas l’épaule à la roue, le piano ne bougera pas.

 

La suggestion de lecture de la semaine:

How to Save the World in Your Spare Time de Elizabeth May

 

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