Scrutin fédéral : Rien n’est gagné d’avance dans les circonscriptions francophones

27 août 2015
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OTTAWA – Depuis plusieurs décennies, afin de faire élire son protégé à Ottawa dans une circonscription où l’on compte un grand nombre de francophones, il n’est pas toujours nécessaire pour les partis politiques fédéraux de déployer d’innombrables efforts, puisque celles-ci sont souvent gagnées d’avance. C’est particulièrement vrai en ce qui concerne le Parti libéral. Or, tout indique que ce ne sera pas le cas cette fois-ci.

Avec la montée du Nouveau Parti démocratique (NPD) dans les sondages et les gains réalisés par les conservateurs dans quelques-unes des circonscriptions francophones depuis une dizaine d’années, bien malin celui qui peut prédire une victoire sans équivoque d’un candidat quelconque dans les circonscriptions phares de la francophonie canadienne.

Ci-dessous, nous vous présentons un aperçu des chaudes luttes qui se dessinent dans cinq circonscriptions, dont celle du représentant aux Communes, qui siège historiquement au Comité permanent des langues officielles et constitue un interlocuteur et un allié important des communautés de langue officielle en situation minoritaire.

Saint-Boniface-Saint-Vital : Changement de nom et de député

En matière de circonscriptions au sein desquelles le résultat des élections du 19 octobre aura un impact considérable sur la francophonie canadienne, difficile de trouver mieux que Saint-Boniface-Saint-Vital (anciennement Saint-Boniface). En effet, l’actuelle ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles, Shelly Glover, a décidé de ne pas solliciter un troisième mandat.

En 2008, se présentant sous la bannière du Parti conservateur, cette policière bilingue avait réussi à mettre un terme à 20 ans de règne libéral dans cette circonscription manitobaine. Cet automne, les libéraux miseront sur Dan Vandal, qui devra se mesurer au conservateur François Catellier afin de regagner cette circonscription traditionnellement libérale.

Ottawa-Vanier : Le château fort menacé

Le NPD entend déléguer Emilie Taman, une procureure qui travaille à la fonction publique fédérale et recrue sur la scène politique, afin de briguer les suffrages dans Ottawa-Vanier. Toutefois, il ne s’agira pas pour elle d’une mince tâche, puisque depuis que cette circonscription située au cœur de la capitale nationale a adopté le nom d’Ottawa-Vanier en 1974, seuls deux députés y ont représenté ses habitants, soit les libéraux Jean-Robert Gauthier et Mauril Bélanger. Qui plus est, la circonscription est libérale depuis 1935.

Par contre, au fil des ans, les majorités de 24 000 et de 19 000 voix enregistrées par Mauril Bélanger en 1997 et en 2000 ont fondu à chaque élection, de sorte que celui-ci ne l’a emporté que par 5 000 votes sur ses plus proches poursuivants, en 2011. La tendance se poursuivra-t-elle le 19 octobre?

Acadie-Bathurst : Même patronyme, nouveau candidat

Depuis 1997, la circonscription d’Acadie-Bathurst est associée à Yvon Godin, lui qui y a entre autres signé d’écrasantes victoires en 2011 et en 2008. Mais comme le coloré député néo-démocrate a décidé de tirer sa révérence, la porte est grande ouverte pour le néo-démocrate Jason Godin et le libéral Serge Cormier.

Ardent défenseur des minorités linguistiques, Yvon Godin a déjà accordé son appui à Jason Godin, avec qui il n’a aucun lien de parenté. L’actuel maire de Maisonnette, qui n’est âgé que de 22 ans, fera face à un autre nouveau venu sur la scène politique fédérale en Serge Cormier, qui œuvre au sein du gouvernement du Nouveau-Brunswick depuis quelques années, notamment comme chef de cabinet et analyste de politiques.

Madawaska-Restigouche : Course à trois

Le conservateur Bernard Valcourt, qui a été ministre sous Brian Mulroney et qui était ministre des Affaires autochtones et du Développement du Nord canadien au moment du déclenchement des élections, a réussi son pari en 2011. Souhaitant revenir en politique, il avait délogé de justesse Jean-Claude D’Amours.

Cette fois-ci, M. Valcourt risque d’avoir à se préoccuper de deux adversaires, alors qu’une course à trois est anticipée dans cette circonscription néo-brunswickoise créée en 1997. Ses adversaires : le libéral René Arseneault et le néo-démocrate Rosaire L’Italien. Le premier est avocat tandis que le second est un journaliste à la retraite.

Sudbury : Député recherché

Le NPD s’en tire généralement bien dans le Nord de l’Ontario, sauf à Sudbury. C’était jusqu’à ce que Glenn Thibeault déloge la libérale Diane Marleau, en 2008. Mais un départ fracassant de Glenn Thibeault au cours de son deuxième mandat, un départ du NPD pour joindre les rangs des libéraux provinciaux qui ne s’est vraisemblablement pas déroulé dans les règles de l’art, pourrait nuire aux chances des troupes de Thomas Mulcair de conserver cette circonscription.

Si les électeurs sudburois boudent le néo-démocrate Paul Loewenberg, ils se tourneront vers le propriétaire de journaux et de stations de radio Paul Lefebvre, du Parti libéral, ou vers Fred Slade, candidat conservateur œuvrant dans le secteur financier.