Un spectacle extraordinaire : Richard Séguin à Yellowknife

03 décembre 1999
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Richard Séguin, accompagné de deux musiciens, Hugo Perron et Pierre Duchesne, était en spectacle à l’hôtel Explorer de Yellowknife le 27 novembre dernier. Une foule considérable (selon nos critères du Nord) de 170 personnes a pu apprécier tant le talent musical de Richard Séguin, que sa chaude personnalité et le talent de ses musiciens. Les éloges se sont faites aussi très nombreuses sur la qualité de la production technique de Jean-François Pitre tout au long du spectacle. La veille, quelques heures après leur arrivée en ville, les trois artistes ont participé en toute simplicité à une petite réception offerte en leur honneur à la maison Laurent Leroux. Une centaine de personnes de la communauté sont venues les rencontrer, discuter avec eux et, évidemment, demander des autographes.

De plus, le samedi, Richard Séguin et sa fan de longue date, Ida Tarlo, ont fait une petite randonnée sur Ingraham trail, jusqu’aux chutes de la rivière Cameron, en compagnie de Fernand et Johanne Denault. Ce contact informel aura permis aux musiciens d’adapter leur spectacle. « Ce qui faisait drôle et ce qui me touchait beaucoup, c’était de pouvoir prendre le temps de venir et de rencontrer le monde puis vraiment jaser et écouter ce que le monde raconte. J’étais déjà imprégné de ce que les gens vivent ici et d’où ils viennent. J’ai pu aller chercher des repères affectifs des différentes époques », a expliqué Richard Séguin. En utilisant ces « repères affectifs », Richard Séguin et ses musiciens ont présenté un spectacle bien enraciné dans l’ensemble des ¦uvres de la longue carrière de Richard Séguin. Cela a donné une formule de spectacle assez inusitée pour l’artiste québécois.

« C’était une espèce d’historique. C’était le seul spectacle qu’on a fait de ce type-là depuis le début de la tournée. Richard est allé visiter les vieux classiques des Séguin. On n’a pas fait ça dans les autres shows avant », a souligné le guitariste Hugo Perron.

« J’ai donc mis des airs des Séguin et il y a même eu dans la salle une demande pour « Ça fait du bien » que je n’avais pas joué depuis 15 ans. On avait aussi des chansons nouvelles. À trois, on a essayé de faire des chansons de façon différentes, mais l’énergie restait là » a expliqué Richard Séguin.

Si tous les spectateurs ont bien apprécié le spectacle, les musiciens aussi ont bien apprécié leur séjour. «J’ai trouvé ça ben tripant. On a eu du fun. Les gens nous ont bien accueillis et puis le monde a tripé au show », a souligné Hugo Perron quelques minutes après le spectacle. Il s’agissait du spectacle le plus septentrional pour Richard Séguin bien qu’il ait déjà fait quelques visites à Kuujuuak au Nouveau-Québec. Richard Séguin n’a pas souvent l’occasion de se présenter en spectacle devant une foule aussi petite, qui lui rappelait un peu la période des boîtes à chansons. Malgré tout, avant l’enregistrement de chacun de ses albums, il fait une tournée de la Gaspésie, dans des petites salles, ce qui lui permet de voir la réaction du public face à ses nouvelles pièces musicales.

De retour dans le Sud, Richard Séguin se replongera dans ses diverses expériences musicales. Il travaille actuellement sur un concept de spectacle avec un quatuor à cordes, « une belle démarche musicale », a affirmé le musicien. « J’essaie beaucoup de chose ces temps-ci. De la gravure, des spectacles avec le quatuor, des nouvelles chansons. Je reste dans la création mais en essayant des choses nouvelles », a expliqué Richard Séguin.

Richard Séguin, Hugo Perron et Pierre Duchesne retournent donc à Montréal avec de bons souvenirs du Nord. Il est cependant possible qu’on les revoie dans un autre contexte. En effet, quelques spectateurs ont évoqué l’idée de l’inviter dans le cadre du festival Folk on the Rocks. Richard Séguin s’est montré intéressé par la formule du festival dont les spectacles se déroulent chaque troisième semaine de juillet, au bord du lac Long. « Garanti, dès que l’invitation est envoyée, nous autres on va être là ! », s’est exclamé Richard Séguin.

Une chose est sûre : si une telle production avait lieu en juillet, nos amis du Sud du Grand lac des Esclaves ne seront pas bloqués par un traversier en cale sèche.