Dossier spécial gazoduc : Revendications territoriales

06 janvier 2011
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Grâce aux négociations avec le gouvernement sur leurs revendications territoriales, la plupart des peuples autochtones des Territoires du Nord-Ouest ont établi une garantie certaine quant à la conservation et à la préservation de leurs terres face à une industrialisation imminente. Ce processus permettant d'éviter plusieurs années devant les tribunaux n’a pas encore été complété par toutes...

 

« Notre dernière frontière » - Thomas Berger

 L’idée du projet gazier du Mackenzie (PGM) a été initiée aux débuts des années 1970, soulevant alors un tollé. C’est le juge Thomas Berger, en charge d’une Commission d’enquête royale sur les conséquences d’un pipeline dans la vallée du Mackenzie, qui a tranché sur la question en émettant un moratoire de dix ans afin de permettre aux peuples autochtones de régler leurs revendications territoriales. Trente-trois ans de négociations se sont déroulés depuis que le juge Thomas Berger a remis son rapport.

Les Inuvialuits ont été les premiers aux TNO à signer leurs revendications territoriales, le 25 juin 1984. Les Premières nations Gwich’in ont suivi, huit ans plus tard, en signant leurs revendications territoriales en 1992. Depuis, elles ont présenté leur plan d’aménagement du territoire, approuvé en 2003. Les revendications territoriales des Déné et Métis du Sahtu ont été signées l’année suivant celles des Gwich’ins. Mais à la différence de ces derniers, ces communautés du Sahtu sont encore en négociations pour des accords d’autogouvernance.

 

Aboriginal Pipeline Group

Ensemble, des membres des trois communautés Gwich’in, Sahtu et Inuvialuit ont formé une société que l’on connaît sous le nom d’Aboriginal Pipeline Group (APG). L’APG se trouve à être une entente d’affaire entre les peuples autochtones afin d’obtenir des parts du pipeline. C’est avec entrain que l’APG a réagi à l’approbation du PGM par l’Office national de l’énergie en décembre dernier : « Ce pipeline est vraiment un projet de construction de toute une nation », a réagi Fred Carmichael, président-directeur général de l’APG. « Nous demeurons engagés à notre premier mandat : maximiser les retombées financières à long terme de ce projet pour l’APG des Territoires du Nord-Ouest par le biais de nos parts dans ce pipeline », a-t-il conclu.

 

Le Deh Cho, incertain

Les Premières nations  DehCho, qui sont les seules n’ayant pas encore réglé leurs revendications territoriales le long du tracé, sont aussi les seules ne faisant pas partie de l’APG. Leurs revendications territoriales se désignent sous le terme de « processus du Deh Cho ». Cette région des TNO serait la plus touchée par le projet gazier du Mackenzie.

Le grand chef des Premières nations DehCho, Samuel Gargan, a partagé qu’il espérait « que le processus en sera à régler ses accords de principe », au moment où le consortium gazier remettra sa décision finale, avant la fin de 2013. « Nous sommes encore incertains sur la direction que nous prendrons », commente-t-il, au sujet du projet.

S’il reconnaît que la construction du projet gazier Mackenzie représente une opportunité en or de développer les communautés du Deh Cho, le chef Gargan demeure ferme : « Notre terre est notre première priorité. » Il ajoute que les promoteurs « auront à reconnaître » leurs droits ancestraux et leurs droits issus des traités, leur processus terminé ou non.

« Ces questions ne se régleront pas par un simple balayage! », avertit le grand chef du Deh Cho qui prévoit des rencontres importantes au courant des prochains mois.