Éditorial : Retroussons-nous les manches maintenant

04 juin 2015
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La Commission de vérité et de réconciliation (CVR) vient de finalement rendre public son rapport après plusieurs années de recherche et de consultation. En près de 25 ans, il s’agit du deuxième exercice pour tenter de rétablir la situation sociale désastreuse dans laquelle se retrouvent les peuples autochtones. Le premier exercice du genre, dans les années 1990, était le rapport de la commission royale d’enquête sur les peuples autochtones auquel avait contribué George Erasmus. C’est à ce moment que la question des écoles résidentielles a été mise en lumière comme cause possible des problèmes socio-économique des Premières Nations.
Il ne faut pas s’étonner des importantes sommes d’argent dépensées pour dresser un portrait plus précis des enjeux sociaux entourant les peuples autochtones. En effet, les problèmes sociaux et les séquelles des écoles résidentielles constituent probablement l’un des défis sociaux les plus graves du Canada. L’impact économique de cette situation touche directement la capacité financière des gouvernements, que ce soit en matière de demandes de services sociaux, de services de santé et, dans les cas les plus extrêmes, de la justice et des services correctionnels (les Autochtones représentent 19 % des détenus, mais seulement 3 % de la population totale).
Ces commissions, bien qu’onéreuses, ont été extrêmement utiles. De son côté, la CVR a non seulement permis de révéler l’ampleur du problème et des séquelles des écoles résidentielles, elle a aussi commencé un important processus de guérison.
Le mot clé est « commencé ». Il y a énormément de travail d’intervention de toute sorte (économique, mentale, psychologique, éducative, etc.) afin de tenter d’amoindrir ces séquelles et aussi de veiller à ce qu’elles ne se propagent pas trop aux générations futures.
La tâche est tellement immense qu’il faut désormais sortir de la phase de « recherche » pour entrer très activement et très agressivement dans la phase d’intervention ciblée.
Ça ne veut pas dire qu’on ne doit plus investir dans la recherche. En effet, il y a certainement des recherches qui seront nécessaires pour déterminer l’efficacité des différentes méthodes de traitement des séquelles psychologiques et socio-économiques affligeant les peuples autochtones.
La CVR a démontré le bienfait de parler et d’exposer ces problèmes et leurs causes. Il faut sécher nos larmes et se retrousser les manches. Maintenant, il faut redresser ces torts et aider les populations autochtones à se reprendre en main, un défi qui prendra probablement des générations.