Le président du Syndicat national des travailleurs et des travailleuses de
l'automobile, Buzz Hargrove, est arrivé directement de Toronto, le 4 avril
dernier, afin d'appuyer les pensionnés de la Giant Mine et de leur rappeler
qu'ils ne seront pas abandonnés. Rappelons que la coupure de 25 pour cent
du chèque mensuel des retraités est en vigueur depuis samedi dernier.
Monsieur Hargrove compte mener une campagne nationale de sensibilisation à
propos de ces déboires des retraités. Il soutient également que le syndicat
cherche un moyen de forcer le gouvernement à mettre un terme au
sous-financement du fonds de pension des travailleurs.
Le vérificateur, la compagnie torontoise Morneau Sobeco, affirme que
l'ancien propriétaire de la mine Royal Oak Mines n'a pas subventionné le
fonds de pension durant plusieurs années avant de déclarer faillite en
avril 1999. Résultat : les retraités, leurs veuves et les employés
licenciés de la mine perdent le quart de leur chèque de pension. Certains
pensionnaires ayant travaillé plus de 30 ans à la mine gagnent maintenant
moins de 350 dollars par mois.
« J'ai parlé avec la représentante de la Chambre des Communes de l'Arctique
de l'Ouest, Mme Ethel Blondin-Andrew, à propos d'une législation pouvant
compenser le sous-financement du fonds et protéger les travailleurs
canadiens afin qu'ils n'aient pas à subir le même sort que les retraités de
la Giant Mine », a déclaré M. Hargrove. « Si le gouvernement est capable de
payer 250 millions de dollars pour décontaminer le dégât de Peggy Witte, il
peut certainement trouver quelques millions de dollars pour combler le
fonds de pension des travailleurs. »
Madame Blondin-Andrew n'a donné aucune indication quant à la possibilité
d'une telle compensation. Elle affirme exercer de la pression au sein de
son parti pour modifier la Loi sur les normes du travail. Elle soutient
avoir invité la ministre du Travail, Claudette Bradshaw, à venir aux
T.N.-O. « Je voudrais que la Loi soit modifiée afin que les droits des
travailleurs soient respectés », a expliqué Mme Blondin-Andrew. Un comité
déterminera la manière dont les changements pourraient avoir lieu, selon
cette dernière.
La députée n'a pas voulu se prononcer sur une enquête menée par le
vérificateur dans le dossier du fonds de pension pour le compte du Bureau
du surintendant des institutions financières. Une preuve de créances
déposée en Ontario en juillet dernier par l'organisme fédéral soutient que
les dirigeants de la Royal Oak ont utilisé plus de 284 000 $ du fonds pour
acheter des parts dans leur propre compagnie lorsqu'elle faisait déjà face
à des difficultés financières. Monsieur Hargrove affirme que les avocats de
son syndicat examinent la possibilité d'entamer des poursuites judiciaires
si les dirigeants ont malmené l'argent des retraités d'une manière illégale.
Par ailleurs, Mary Kosta ne prévoit pas entamer une nouvelle grève de la
faim d'ici sa prochaine rencontre avec Mme Blondin-Andrew, qui devrait
avoir lieu en fin de semaine. Madame Kosta s'est privée de nourriture
durant 22 jours avant de mettre un terme à sa manifestation contre les
coupures à la mi-mars.
Sa grève a attiré l'attention des médias et lui a valu une mention à la
Chambre des Communes.