Éditorial : Réparer les erreurs du passé

23 avril 2015
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En prenant connaissance du mémoire préparé par la Fédération franco-ténoise concernant le commissariat aux langues des TNO, une image m’est venue en tête.
Dans un village, il y a une école. La plupart des villageois n’ont qu’un intérêt marginal pour le système d’instruction publique n’ayant eux-mêmes que quelques années de secondaire à leur crédit en raison des besoins passés de faire vivre leur famille. Lorsque vient le temps d’engager un ou une enseignante, on choisit la première personne venue, sans se soucier de sa compétence ou de ses aptitudes en enseignement : après tout, cette personne vient du village et dit aimer l’école. Après seize ans, le constat suivant est fait : au cours des ans, les élèves ont régulièrement échoué les examens du ministère et se présentent souvent quasi illettrés à leurs entrevues d’emploi. Insatisfaits de la performance du système d’éducation dans leur village, les villageois décident donc... d’abolir l’école.
La logique dicte que la solution consistait d’abord à embaucher du personnel compétent pour mener à bien la fonction d’instruire les jeunes du village. Je ne parle pas seulement du poste névralgique d’enseignant, mais aussi de tout le personnel de soutien qui font en sorte qu’en travaillant ensemble, l’école rempli son rôle.
Et c’est un peu ce que le mémoire de la FFT demande au gouvernement ténois de considérer, sans cependant souligner la question de compétence de base du titulaire du poste de commissaire. Diplomatie oblige!
Par contre, le mémoire souligne l’importance d’avoir une institution solide en place, une institution qui pourrait vaquer à ses responsabilités indépendamment de la figure de proue que le gouvernement pourrait décider de nommer au poste de commissaire, un peu comme un nouveau ministre fraîchement nommé à son poste peut s’appuyer sur les conseils d’un personnel compétent de ce ministère. En effet, un encadrement spécialisé en droit linguistique aurait probablement permis aux différents commissaires de mieux saisir la nature de leurs fonctions, quitte à déléguer des responsabilités dans des domaines débordant leur champ de compétences personnelles.
N’abolissez pas l’école : trouvez-lui du personnel compétent.