Commission de vérité et de réconciliation du Canada : Réconcilier les Autochtones au Canada

30 juin 2011
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La porte de la réconciliation est ouverte à Inuvik, près d’un millier de survivants des pensionnats indiens tenteront de les traverser.

 

« C’est un long processus que celui de la réconciliation. Mais il est important de le rendre accessible », explique Richard Kistabish, membre du comité de survivants de la Commission de vérité et de réconciliation du Canada, présent à Inuvik, aux Territoires du Nord-Ouest, du 28 juin au 1er juillet 2011.

Pour l’employé de la seconde activité nationale organisée au Canada, quand on prend conscience des événements qui ont marqué la population autochtone du Canada et que l’on voudrait les faire connaître, il y a un processus qui existe et qui a déjà été entrepris par des certaines de communautés : un processus de guérison.

Qu’il soit communautaire, individuel ou familial, ce processus oublié a été remis en place en 1998 avec la Fondation autochtone de guérison. D’après lui, ce processus a amené les gens à comprendre l’ampleur de la problématique qu’ils ont vécue ou qu’ils vivent en ce moment. Ils ont donc entrepris un processus de guérison et cela a amené un éveil vers la spiritualité et leurs cérémonies, leurs traditions, leurs langues. « Prendre conscience de ces choses-là va créer un engouement pour pouvoir établir un peu plus d’ordre social dans nos communautés. Au cours de ce processus-là, il faut qu’il y ait des moments de réconciliation soit avec soi-même, soit avec les membres de la famille, soit avec la communauté en général et ultimement, on peut faire des gestes de réconciliation avec la population canadienne. »

À Inuvik, la fête communautaire qui a eu lieu la veille de l’ouverture officielle de cet événement 2011 a contribué à faire rayonner la fierté d’être autochtone. « C’est cela le plus beau dans l’histoire. Dans les pensionnats, ces activités nous étaient interdites. Dans ces événements, on essaye de les rendre possibles, beaux, avec des gens arborant leurs plus beaux costumes. C’est comme si l’on retrouvait notre identité culturelle, c’était vraiment bien d’avoir cette cérémonie de bienvenue pour les gens prenant part à l’événement », de se réjouir Richard Kistabish. Alors qu’il recueille des témoignages à travers le pays pour établir une documentation de ces pages de l’histoire canadienne depuis déjà un an, Richard Kistabish argumente que l’implantation du système des pensionnats indiens n’a pas été faite de la même manière à travers le Canada. « Malgré les approches différentes, le résultat est l’assimilation pure et simple. » Toutefois, cette diversité se traduit par des expériences polarisées. Richard Kistabish les qualifie de brutales, subtiles ou amicales, mais insiste sur le fait qu’elles aboutissent toutes au même but : « Nous faire fondre dans la population canadienne ».

Celui qui, à la guise du témoin, enregistre sur un support audio ou vidéo les expériences racontées de centaines de survivants, confesse que plusieurs individus qui assistent au témoignage lors des activités publiques de la Commission ne peuvent pas croire que ces choses-là se sont déroulées au Canada. « Inconcevable, invraisemblable, unbelievable, ce sont les termes qui sont le plus souvent exprimés après ce genre de rencontres. »

Mais l’Algonquin prétend « que cela vaut la peine d’écouter ces histoires-là, pour justement avoir une meilleure connaissance des approches utilisées par le gouvernement pour arriver à nous assimiler ».

Richard Kistabish a passé 10 ans à Saint-Marc-de-Figuery, un pensionnat situé à Amos, au Québec. Il explique que pour lui, la différence est son instruction en français. « Il y a trois pensionnats qui ont été en français au Canada. Celui d’Amos, celui de Pointe-Bleue et celui de Sept-Îles. » Selon lui, pour que l’assimilation se fasse mieux, l’instruction devait se faire en anglais, même si la prestation de services pouvait se faire en français, comme dans quelques pensionnats aux TNO.

À Inuvik, la visite du Grollier Hall et du Stringer Hall, les deux établissements qui ont vu passer des milliers de Dénés, de Gwich’in et d’Inuvialuit, ne sont pas au programme de ce deuxième événement national, alors que les bâtiments n’existent plus. M. Kistabish témoigne que pour sa part, lorsqu’il passe devant le pensionnat où il a séjourné, il a tendance à vouloir l’ignorer, à passer à côté sans même un coup d’œil. Il affirme également qu’il a déjà fait des reportages sur ce lieu et qu’il a symboliquement jeté des pierres à son ancienne école.

L’événement à Inuvik est la seconde d’une série de sept activités nationales qui se dérouleront partout au pays et s’échelonneront sur plusieurs années. Inuvik est le seul de ces événements d’envergure à franchir le 60e parallèle.