Politique : Réactions à l'abolition du registre des armes à feu

23 février 2012
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Le projet de loi C-19, visant à abolir le registre des armes d’épaule, a finalement été adopté à la Chambre des communes avec 159 votes pour et 130 votes contre.

Au Nouveau Parti démocratique, la chef par intérim Nycole Turmel avait formellement ordonné à ses députés de voter massivement contre le projet de loi visant à l’abolition du registre des armes à feu.
Mais cela n’a pas empêché deux députés, John Rafferty de Thunder Bay-Rainy River et Bruce Hyer de Thunder Bay-Superior Nord, de donner leur appui au projet C-19.
En ce qui a trait au député de Western Arctic, Dennis Bevington, il n’a pas pu se prononcer sur le sujet, lui qui s’était publiquement opposé à l’abolition du registre.
De prime abord, le député de Western Arctic était en faveur de ce projet de loi, car il y voyait là un problème pour les gens du Nord.
« Le principal point en raison duquel je m’opposais au registre des armes à feu est qu’il faisait de l’enregistrement des armes une offense criminelle, fait valoir Dennis Bevington. Mais l’idée en soi ne me dérangeait pas et je connaissais aussi plusieurs propriétaires d’armes à feu qui apprécient le fait de devoir enregistrer leurs armes. J’ai donc toujours cru que le compromis pour cela serait que le registre soit régi par les lois civiles provinciales et territoriales. »
Sa position a par contre changé avec le nouveau projet de loi proposé par le Parti conservateur, qui inclut maintenant la destruction des données d’armes enregistrées, accumulées avec les années.
À son avis, ce nouveau projet de loi est de mauvaise foi et plus compliqué que lorsqu’il avait été soumis la première fois en 2010.
« Je ne peux pas appuyer une loi comme cela, avoue le député de Western Arctic. Ce n’est pas dans l’esprit du fédéralisme coopératif et c’est injustifié. Le gouvernement conservateur a affirmé qu’il allait se débarrasser du registre des armes à feu au niveau fédéral, mais pourquoi avoir voulu en faire plus? »

Absence

Dennis Bevington s’est battu bec et ongles pour que les conservateurs revoient leur position quant à la destruction des données, intervenant souvent en Chambre et en écrivant au Toronto Star.
Mais une fois venu le temps de passer au vote, le député de Western Arctic brillait par son absence. La journée du vote, il était à une conférence sur l’Arctique à Stockholm, en Suède, dans le cadre de ses fonctions.
« J’ai quitté la rencontre dès qu’elle s’est terminée et j’ai pris l’avion immédiatement pour rentrer au Canada, mentionne-t-il, mais je ne suis pas revenu à temps pour le vote. En fait, la date du vote n’avait même pas été planifiée avant que je parte! On ne peut pas m’accuser d’avoir fui le vote. »
La candidate pour le Parti conservateur dans Western Arctic aux élections du 2 mai 2011, Sandy Lee, a fait une sortie publique contre le député Dennis Bevington au sujet de son absence, il y a une semaine.
La députée du Nunavut, Leona Aglukkaq, aussi pour le Parti conservateur, a quant à elle exprimé sa déception concernant l’absence de son homologue du Nord.
« Je suis déçue que tous les députés du Nord ne se soient pas prononcés sur ce sujet important, a énoncé Leona Aglukkaq par voie de communiqué. Le député de Western Arctic pour le Nouveau Parti démocratique, Dennis Bevington, n’a pas tenu compte des appels des gouvernements territoriaux et locaux qui lui demandaient d’appuyer le projet de loi. Cela me décourage de voir que les partis de l’opposition ne parviennent pas à reconnaître que les Inuit continuent de pratiquer la chasse pour nourrir leur famille. »

Pas de registre aux TNO

Au niveau territorial, le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest affirme avoir toujours été pour l’abolition du registre des armes à feu.
En ce sens, le ministre de la Justice, Glen Abernethy, a spécifié que le gouvernement ne tenterait pas de créer un nouveau registre ou de rapatrier les données que le fédéral veut détruire.
« Nous ne désirons pas maintenir les données aux Territoires du Nord-Ouest, ni créer un nouveau registre. Nous voulons miser sur différentes choses, comme la prévention, ainsi que les coûts associés au crime et à la pauvreté. Ainsi, nous pourrions nous attaquer au vrai problème plutôt que dépenser une tonne d’argent dans un registre qui contient beaucoup de données qui sont difficiles à gérer et qui ne nous aident pas nécessairement avec la prévention sur laquelle nous voulons concentrer nos efforts. »
Mais le député de Western Arctic soulève la question au sujet de la responsabilité criminelle maintenant que le registre est aboli.
« Supposons que quelqu’un vende son fusil à quelqu’un d’autre, se demande Dennis Bevington, et que cette nouvelle personne ne le range pas correctement, à qui sera la faute? Et que se passe-t-il si un fusil se retrouve sur votre terrain et que vous êtes incapable de déterminer à qui il appartient? Qui est responsable en cas d’accident? »
Le ministre de la Justice rappelle tout de même que pour pouvoir être en possession d’une arme, il faut avoir un permis d’utilisation.
« Peu importe qu’il y ait un registre ou pas, il faut tout de même détenir un permis pour posséder une arme, rappelle Glen Abernethy. Pour cela, il faut suivre une formation sur les règles de sécurité, pour apprendre à bien comprendre son arme et bien l’entretenir. La responsabilité quant à la sécurité continue d’exister. »
Le ministre et député de Great Slave mentionne par ailleurs avoir parlé avec la Gendarmerie royale du Canada de Yellowknife au sujet du nombre d’armes sur le territoire.
« Ils présument qu’il y a un fusil de chasse dans chaque maison, puisqu’il y a beaucoup de personnes qui utilisent la chasse comme moyen de subsistance