Dans son rapport annuel rendu public le 5 octobre dernier, la commissaire
aux langues officielles, Dyane Adam, estime que « le bilan de la dernière
année au chapitre des langues officielles au Canada est inquiétant » et
elle appelle à une réorientation de son mandat.
La commissaire constate « qu'un véritable cercle vicieux semble régir
l'action fédérale en matière de langues officielles ». Elle explique que le
gouvernement, à son plus haut niveau, n'assure plus le leadership dont il
devrait faire preuve dans l'affirmation de la dualité linguistique.
« C'est une mission critique du gouvernement fédéral que d'assumer son rôle
de gardien de cette valeur fondamentale [dualité linguistique].
Rappelons-le, lui seul peut jouer ce rôle », rappelle la commissaire, Dyane
Adam.
Dans son rapport couvrant la période la période de janvier 1999 à mars
2000, celle-ci soutient que la responsabilité de mettre en ¦uvre la Loi sur
les langues officielles incombe au gouvernement fédéral et non au
Commissariat. « Le gouvernement fédéral doit aussi s'assurer que les autres
paliers gouvernementaux respectent les droits linguistiques des Canadiennes
et des Canadiens ».
La commissaire déplore que la dévolution des pouvoirs à divers paliers
gouvernementaux de même que les privatisations engendrent un relâchement
quant aux obligations linguistiques. « Il s'agit d'un transfert
inacceptable de la responsabilité du gouvernement fédéral vers les simples
citoyennes et citoyens qui doivent revendiquer, à leur frais, le
respect de leurs droits ».
Autres mandats
La commissaire élargira son champ d'intervention. Elle prendra deux
nouveaux rôles lors de l'année à venir : celui d'agent de changement et
celui d'éducateur. Tout en continuant d'enquêter sur les infractions et les
déficits en matière de langue officielle, la commissaire se penchera
également sur les problèmes récurrents : l'engagement mitigé des
organisations fédérales.
Parmi les priorités du Commissariat figurent la prestation des services
gouvernementaux, le développement des communautés minoritaires et les
services sociaux et de santé.
« Notre examen des transformations gouvernementales des années 1990 a
révélé qu'elles ont entraîné une érosion, marquée, des droits linguistiques
des Canadiennes et Canadiens », indique Dyane Adam dans cette 29e édition
du rapport annuel.
Deux autres points furent également soulevés dans le rapport : l'immersion
et l'immigration. La commissaire croit que les programmes d'immersion et
d'enseignement des langues secondes devraient être renforcés puisqu'ils
sont les outils de promotion de l'anglais et du français en tant que
langues officielles. Quant à l'immigration, Dyane Adam souligne que la
politique actuelle se limite à des motivations d'ordre économique alors
qu'elle devrait contribuer à « consolider le tissu social canadien ».
Petits rayons de soleil
Malgré un constat global peu reluisant, il est à souligner certaines
initiatives telle celle du ministère des Transports qui offre de nouvelles
garanties aux passagers aériens. Les modifications législatives confirment
que la Loi sur les langues officielles continue à s'appliquer à la Société
Air Canada.
Le Comité des sous-ministres responsables des langues officielles s'est
doté d'un mandat élargi et a adopté quatre priorités stratégiques : vision
renouvelée, Internet en français, santé et les communautés minoritaires,
langue de travail.