Télévision : Radio-Canada met fin à l'analogique dans le Nord

30 août 2012
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Gary Hoffman, président de la Société de télévision de Hay River, a été très surpris d'apprendre la fin du signal analogique de Radio-Canada. Il travaille à rétablir le signal avec de nouveaux récepteurs. (Photo: Virginie Bouchard)

Gary Hoffman, président de la Société de télévision de Hay River, a été très surpris d'apprendre la fin du signal analogique de Radio-Canada. Il travaille à rétablir le signal avec de nouveaux récepteurs. (Photo: Virginie Bouchard)

La Société Radio-Canada/CBC a mis fin au signal analogique de 607 émetteurs, le 31 juillet, à travers le pays. La société de télévision de Hay River tente de rétablir le service.

Emboîtant le pas de plusieurs pays européens, la société de radiodiffusion Radio-Canada a envoyé au placard 607 émetteurs d’ondes analogiques hertziennes à travers le Canada. C’est dans une démarche de rajeunissement de sa technologie que la société a posé ce geste. Geste qui a certainement eu peu d’impact dans les grandes villes canadiennes où la plupart des habitants ont un abonnement à la télévision par satellite ou par câble. Cependant, dans les collectivités du Nord où le coût de la vie est plus élevé, certaines personnes n’ont pas les moyens de se payer un abonnement pour la télévision.
C’est donc avec surprise qu’ils ont appris que le poste de CBC et celui de Radio-Canada avaient déserté l’antenne.
« La Société Radio-Canada ne nous a jamais officiellement avisés qu’elle allait mettre fin à ses ondes. Je suis resté surpris. Radio-Canada est une entreprise nationale, nous la payons tous par nos taxes », affirme Gary Hoffman, président de la société de télévision de Hay River.
Ce dernier soupçonne que la société de diffusion a mis fin à l’analogique en raison de coupes budgétaires au niveau fédéral. Il s’agirait d’un moyen de réduire les coûts.
« Nous sommes une petite collectivité, il n’y a pas grand-chose que nous pouvons faire dans cette situation », avoue M. Hoffman.

Rétablir le signal
Néanmoins, la société télévisuelle de Hay River concentre tous ses efforts afin que les canaux anglais et français de Radio-Canada reprennent l’antenne. Pour ce faire, Gary Hoffman doit se procurer un récepteur pour chacun des canaux.
« Lorsque je me suis entretenu avec eux (les gens de Radio-Canada), ils ne m’ont pas dit qu’ils avaient aussi coupé le canal français », dit-il.
Très préoccupée par la situation, la société de Hay River a cependant peu d’argent à investir pour les récepteurs de type commercial qui se déclinent à 4500 dollars. M. Hoffman a toutefois fait plusieurs recherches et a trouvé des récepteurs de type résidentiel pour 300 dollars et pouvant être livrés dans les 48 heures.
« Nous allons nous procurer ces récepteurs et petit à petit, nous augmenterons la qualité en achetant ceux du commerce, un à la fois », explique-t-il.

La société de télévision de Hay River a 32 ans, elle existe depuis 1975, moment où elle a reçu sa première antenne de transmission. En plus de rétablir les canaux de Radio-
Canada, CBC et APTN, elle compte ajouter un canal de films et le canal Historia à sa programmation d’ici l’automne. La société de télévision et son président ont connu très peu de turbulences au cours des années, si ce n’est cette dernière perturbation, qui désole grandement M. Hoffman.
« Radio-Canada affirme que 98 % des Canadiens vont continuer à recevoir ses canaux. C’est vrai pour ceux qui habitent les grandes villes. Nous ne sommes pas comptés dans ce pourcentage », conclut-il.

Northwestel, pour sa part, a confirmé que ses clients allaient continuer à recevoir les canaux anglais et français de Radio-Canada.
« Je dois confirmer avec la Société Radio-Canada pour savoir si la disparition de l’analogique peut changer la programmation télévisuelle de nos clients. Pour l’instant, ce n’est pas le cas », a affirmé Emily Younker, responsable des communications à Northwestel.