Jours de grève : Radio-Canada

26 février 1999
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Après neuf mois de négociations insatisfaisantes pour le renouvellement de leur convention collective, les techniciens de la Société Radio-Canada ont déclenché, le 17 février dernier, une grève à l'échelle nationale.

Depuis le 17 février, la douzaine de techniciens du réseau CBC-North brandissent leurs pancartes et déambulent dans leurs costumes d'homme sandwich au coin de l'avenue Franklin et de Forrest Drive. Ce qu'ils revendiquent : une convention collective juste et équitable.

Après neuf mois de bataille afin d'inclure à leur convention collective un système de paye leur garantissant une sécurité financière pour les années à venir, les techniciens de la Société Radio-Canada, membres du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier (SCEP), se sont heurtés à ce qu'ils qualifient de «le mauvaise foi» de la part de leur employeur et se sont dits forcés de déclencher une grève à l'échelle nationale.

L'enjeu s'est joué dans la nuit du 16 février, pendant les 10 dernières minutes de la rencontre syndicale-patronale. Alors qu'il ne restait plus que quelques minutes avant minuit, heure critique menant automatiquement au déclenchement d'une grève advenant le rejet de la nouvelle convention collective, la partie patronale refusait le paiement d'un montant forfaitaire alors que le SCEP demandait 15 % pour les trois prochaines années. Considérant cette proposition inacceptable, le syndicat a décidé de déclencher la grève.

Pour les grévistes du local 85M du syndicat des travailleurs des communications, de l'énergie et du papier, la grève ne remet pas en cause les bonnes relations qui existent dans le Nord entre les employés et la direction régionale.

«On s'entend très bien avec la direction», indique Darrel Eros, secrétaire-trésorier du syndicat local représentant les unités de Yellowknife, de Rankin Inlet et d'Iqaluit.

Ils se disent cependant choqués et étonnés face à la campagne publicitaire que Radio-Canada a lancé à la suite du déclenchement de la grève.

«C'est un paquet de mensonges», lance un gréviste, Dennis Haslan durant l'entrevue.

En attendant, les fausses rumeurs à l'endroit de la Société Radio-Canada circulent dans le milieu.

«On dit que le conseil d'administration de la SRC et le syndicat devraient se rencontrer prochainement, mais l'employeur n'a pas encore répondu à l'invitation. La SRC prétend avoir proposé un montant forfaitaire de 0 %, 3% et 3 %, pour les trois prochaines années, ce qui est faux. Enfin, la SRC dit avoir négocié par le biais d'un médiateur, alors qu'en fait, le médiateur n'a servi que de messager», explique le représentant national du SCEP, Mike Sullivan.

À ces quelques imbroglios ajoutons que la campagne publicitaire de la SRC, qui lui a coûté 250 000 $, indique que le salaire moyen de ses employés est de 56 000 $, alors qu'en réalité ils ne recoivent en moyenne que 43 000 $.

«J'aimerais ça que notre salaire moyen soit aussi élevé», souligne avec humour Darrel Eros.

Enfin, on reproche aussi à la SRC d'agir de mauvaise foi en essayant de négocier avec ses employés individuellement, sans consulter le syndicat.