Éditorial : Quelques moments émotifs

18 février 2016
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Au même moment où nous finalisions la version définitive de notre numéro spécial du 30e anniversaire, je recevais une demande du président de l’Association de la presse francophone (APF) afin de l’aider à se préparer pour comparaître devant le Comité permanent des langues officielles de la Chambre des communes. Il doit transmettre nos préoccupations avec les députés. En bref, je suis passé par toute la gamme des émotions. Eh oui, si on dépasse ma mine patibulaire et mon regard vague, les gens s’aperçoivent rapidement que je suis plus qu’un être supérieurement cérébral et logique; j’ai aussi des émotions.
Je n’ai pas vu toutes les 30 années du journal. Cet insigne honneur revient plutôt à des old timers comme Jean-François Pitre ou Paul Fleury.
En recherchant les thèmes majeurs de ces années, en fouillant dans les photos et les vieux exemplaires jaunis du journal, je perdais beaucoup de temps à me remémorer des souvenirs aigres-doux de ces années, où je me suis retrouvé témoin de l’évolution de la francophonie et du Nord dans son ensemble. La tâche aurait peut-être été plus rapide et efficace si un inconnu avait fait les recherches, car j’interrompais souvent mon boulot pour partager une anecdote avec Maxence.
Malgré tout, j’ai éprouvé un grand plaisir à me replonger au cours des derniers mois dans ces 30 années fertiles, à y revoir les amis et connaissances qui ont l’air si jeunes (oui, c’est bien Benoît Boutin en 1989 en page 4. Comparez, il se retrouve aussi à la Une du numéro régulier du 19 février). J’ai eu plaisir à revoir au fil des ans Fernand Denault, qui s’est dévoué pour la francophonie comme pas un seul autre francophone, bien que Jean-François fasse tout pour le rejoindre.
Et puis il y a eu cet appel qui me replonge dans le quotidien actuel. Les journaux francophones en milieu minoritaire sont en difficulté. En fait, ce sont tous les médias francophones qui en arrachent. En tant qu’association de la presse, le conseil d’administration de l’APF pilote en ce moment des dossiers qui visent à aider les journaux membres à prendre le virage virtuel. On se demande aussi comment assurer le financement du passage vers le virtuel tout en préservant un niveau de vente pour les journaux. Mais pendant ce temps, des journaux tombent, comme L’Eau vive en Saskatchewan qui a cessé de publier en novembre et vient seulement de repartir pour on ne sait combien de temps. Le temps presse, alors ce n’est guère rassurant de devoir mettre une partie de nos espoirs entre les mains de députés qui ne travaillent pas nécessairement à grande vitesse.
Mais comme on a fait tout au long de ces 30 dernières années, on se retrousse les manches et on continue le travail.