Kugaaruk, enfin! : Quatre Français atteignent l’océan Arctique à la pagaie.

03 septembre 2009
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Les quatre Français dans la baie de Kugaaruk. (Source : http://odysséecanadienne.free.fr)

Les quatre Français dans la baie de Kugaaruk. (Source : http://odysséecanadienne.free.fr)

Ils sont revenus barbus. Partis de Yellowknife au début juin pour ce qu’ils ont décidé d’appeler leur « Odyssée canadienne », Pierre Montaland, Loïc Gourmel, Loïc Marrec et Gilles Mélin ont finalement atteint Kugaaruk le 5 août, sur la rive de l’océan Arctique dans la région du Kivalliq, au Nunavut.

Les quatre Français ont mis trois mois à compléter le périple de 1800 kilomètres.

Retardés par les glaces qui n’avaient toujours pas fondu sur le Grand lac des Esclaves à la date prévue du départ, ils ont dû se résigner à composer avec les caprices de dame nature. « Nous avons traîné les canots sur peut-être 150 kilomètres sur la glace. Alors, c’était pas la partie la plus agréable. Il faisait froid. La température, pour les pieds, pour le corps, c’était difficile », confie Loïc Gourmel en entrevue avec ses trois comparses à CIVR Radio Taïga.

Les moustiques ont aussi mis du piquant dans le périple.

« On a eu deux ou trois jours où nous n’étions pas habitués aux moustiques – moi particulièrement, raconte Pierre Montaland. Alors, ça a été une adaptation. On mangeait à l’intérieur de nos bug-jackets ou alors on utilisait un peu de chasse-moustique, mais pas trop. Mais, au final, après ces deux ou trois jours, ça s’est bien passé. »

Au-delà des difficultés, le quatuor revient surtout chargé d’une grande joie, la cervelle à jamais tatouée de paysages fabuleux. « C’était vraiment loin au-dessus de nos espérances, relate un Gilles Mélin visiblement épaté par son expérience. Nous avons vraiment vu des paysages variés, ouverts, très très grands. La toundra, c’est forcément ouvert. Il n’y a pas d’arbres alors on voit très très loin. Il y a aussi toute une variation de reliefs, de couleurs. Ça, c’est vraiment notre grande joie. »

La faune aussi a marqué nos explorateurs. « On a vu pas mal de boeufs musqués, poursuit Gilles Mélin, mais surtout des caribous. À la fin de la rivière Back, donc en descendant sur l’océan Arctique, il y a eu un jour où nous nous sommes réveillés littéralement au milieu de milliers de caribous. C’était silencieux. On aurait crû des fourmis qui descendaient des montagnes. Ils broutaient dans les plaines. Ils étaient en train de migrer. C’était vraiment un grand moment. »

Mais la grande aventure demeure intérieure : l’aventure de la fraternité. Gilles Mélin estime que le voyage a rapproché les quatre pagayeurs : « C’est difficile de passer d’une vie sociale avec plein de gens à une vie à quatre personnes, 24 heures sur 24, dépendants les uns des autres, mais nous avions vraiment un objectif commun : arriver à Kugaaruk. C’est ça qui nous a tenu jusqu’au bout. »

Pour en savoir davantage sur l’aventure nordique de Pierre Montaland, Loïc Gourmel, Loïc Marrec et Gilles Mélin, consultez le site Web officiel de l’équipée : http://odysséecanadienne.free.fr