Environnement : Projet de compostage à Hay River

12 avril 2012
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Une discussion sur la réglementation de l'eau aux Territoires du Nord-Ouest a été animé après le visionnement du documentaire White Water Black Gold, sur les sables bitumineux. (Photo: Virginie Bouchard)

Une discussion sur la réglementation de l'eau aux Territoires du Nord-Ouest a été animé après le visionnement du documentaire White Water Black Gold, sur les sables bitumineux. (Photo: Virginie Bouchard)

Deux représentantes d’Ecology North étaient présentes à la dernière rencontre du conseil municipal pour faire germer leurs idées.

Shannon Ripley, coordonnatrice du programme centralisé de compost à Yellowknife et Kim Rapati, coordonnatrice pour Ecology North à Hay River, ont pris part à la réunion du conseil municipal le mardi 10 avril dernier. Elles ont démontré aux élus municipaux qu’il est possible de procéder à quelques changements, notamment, en matière de gestion des déchets.
« Cela fait plusieurs années qu’Ecology North travaille avec les collectivités pour réduire les déchets et Kim Rapati est engagée dans ce sens. Elle a produit à l’automne un guide de recyclage pour la population de Hay River », explique Shannon Ripley.
L’organisme environnemental est un chef de file dans le domaine du recyclage et du développement durable. Il offre du soutien aux villes qui veulent amorcer un virage vert comme ce fut le cas pour la capitale des Territoires du Nord-Ouest.
« Cela est vraiment excitant de voir l’intérêt de la ville de Hay River pour la réduction de ses ordures. Notre priorité est d’épauler les collectivités à atteindre leurs buts en matière d’environnement », ajoute Mme Ripley.

Un des partenariats majeurs entre Ecology North et Yellowknife est sans doute le projet de compostage. Ce printemps, la ville et l’organisme vont offrir aux résidents leur première production de compost. Le compostage en milieu nordique n’est pas une mince affaire, mais l’organisme écologique doit son succès à l’expertise de la ville de Whitehorse, au Yukon. Kim Rapati et Shannon Ripley souhaitent donc étendre cette initiative à d’autres villes, dont Hay River.
« À partir du moment où la ville décide d’aller de l’avant avec le projet, nous serons très heureux de partager nos ressources et nos apprentissages acquis de l’expérience à Yellowknife », mentionne la coordonnatrice du programme de compostage.
Une production de compost comme on en trouve dans la capitale nécessite de trois à quatre mois de développement. D’abord, une étude de faisabilité doit être réalisée pour déterminer ce qui pourrait sortir du site d’enfouissement et être réacheminé. Ensuite, on doit élaborer un plan et un budget et on doit trouver du financement.
« Cela commence petit et après quelque chose de plus gros se construit autour de cela. Par exemple, le recyclage, à Yellowknife, a commencé par une initiative d’Ecology North et maintenant c’est la ville qui le gère entièrement », avoue Mme Ripley.

Semaine nationale de l’eau

En plus de la réduction des ordures ménagères, une autre cause tient à cœur Ecology North et sa coordonnatrice Kim Rapati : l’eau. À l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, le 22 mars dernier, le visionnement d’un documentaire-choc sur l’or bleu a eu lieu à la bibliothèque de la ville. Le film White Water Black Gold vise à montrer les effets dévastateurs de l’extraction des sables bitumineux de l’Alberta sur les collectivités nordiques. Des images d’horreur sur des champs dans lesquels se déversent les déchets de l’extraction et près desquels des résidents habitent, ne sont que quelques exemples de ce que David Lavallee, réalisateur, présente.
« Ici, à Hay River et aux Territoires du Nord-Ouest, nous vivons en aval de la transformation des sables bitumineux du nord de l’Alberta. Cela est donc important que les résidents de cette zone comprennent les conséquences de ces opérations », affirme Mme Rapati.
À la suite de la présentation, une discussion s’est tenue sur l’importance de l’eau et de sa qualité. Mike Low, qui participe au programme autochtone de gestion des ressources aquatiques et océaniques (PAGRAO), a d’ailleurs assisté aux échanges. Les résidents de Hay River ont de quoi être rassurés : l’eau qu’ils boivent est testée tous les jours et traitée au besoin.
« Cela est fantastique, car nous avons une des meilleures eaux à boire au monde, mais il faut se rappeler qu’il y a d’importants impacts sur notre eau et que nous devons la surveiller constamment », conclut Kim Rapati.