Un bateau en eau trouble : Programmes de français et de francisation à Hay River

12 février 1999
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Il arrive régulièrement que des voix discordantes s'élèvent contre les programmes de français. Le nouveau programme de francisation de Hay River n'a pas échappé à ce phénomène.

En décembre dernier, lorsque le nouveau programme de francisation a été mis sur pied, des voix discordantes se sont faites entendre à Hay River.

Pour Pierre Lelaidier, parent d'un enfant inscrit à ce programme, il n'y a pas grand cas à faire de cette histoire. Il s'agit simplement de personnes qui ne sont pas au courant du dossier et qui manquent d'information. Pour leur part, les parents étaient bien informés et la petite campagne des insatisfaits n'aura pas d'effet négatif.

Pour plusieurs des personnes insatisfaites, c'est la composition de la classe de francisation qui est remise en cause. Sur une vingtaine d'enfants inscrits au programme de francisation, seulement trois sont des ayant-droits. En raison du petit nombre d'enfants de langue française à Hay River, il s'agit là de la seule façon de s'assurer de l'existence d'un programme de français. «On préférerait une classe juste de français mais on sait que c'est pas possible», a indiqué Pierre Lelaidier.

De façon à s'assurer d'un plus grand nombre d'enfants inscrits au programme de français langue première et en raison d'une forte demande de parents anglophones intéressés à inscrire leurs enfants dans ce programme, les parents francophones de Hay River ont décidé d'utiliser le programme de francisation pour ouvrir la porte à leur programme d'enseignement régulier.

Un enfant n'ayant pas le statut d'ayant-droit devra passer un minimum de deux ans en francisation afin d'acquérir les bases nécessaires en français pour pouvoir s'intégrer au programme de français langue première.

Lorsque la vague de protestation a commencé en décembre, ce fut d'abord le programme de francisation qui a été l'objet de controverse. Rapidement, cela a débordé sur le programme de français langue première qui compte actuellement six enfants.

La question du financement de ces programmes ainsi que la promotion de ceux-ci étaient au cœur des interrogations soulevées par les contestataires. L'autorité scolaire de district a d'abord été saisie de ces questions. Ils ne disposaient cependant pas de toute l'information nécessaire pour y répondre.

Le représentant du comité des parents francophones de Hay River, Rick Connors, ainsi que le responsable des programmes de français au sein du ministère de l'Éducation, Jean-Marie Mariez, ont donc eu fort à faire pour informer tant l'autorité de district que la population en général sur ces programmes et leur financement.

Selon JoAnn Connors, du comité des parents de Hay River, maintenant que plusieurs interrogations ont été répondues, la situation devrait se résorber. Elle espère simplement que cela n'affectera pas les deux programmes qui ne sont que des projets pilotes. Les parents en sauront plus long sur la situation à la suite de leur réunion mensuelle du mercredi soir.