Là pour rester ! : Programme de français à Hay River

12 novembre 1999
0 Commentaire(s)
Deux représentants du ministère de l’Éducation, de la Culture et de l’emploi, Jean-Marie Mariez et Janet Griested étaient de passage à Hay River les 4 et 5 novembre derniers afin d’expliquer le programme d’enseignement du français langue première. Ces séances portaient sur la Loi sur l’Éducation et les langues minoritaires sur la gestion du programme de français langue première, sur son financement et sur les droits d’accès au programme.

La première rencontre a eu lieu entre les représentants du ministère et l’autorité scolaire du district (ASD) de Hay River. Cette rencontre était à huis clos. De cette façon, explique Joanne Connors du Comité des parents francophones de Hay River, il était possible aux membres de l’ASD de pouvoir poser des questions sans subir de pression externe. Par la suite, une séance publique d’information a eu lieu. Y ont assisté, des parents francophones et anglophones ainsi que des membres du ASD, en tout, une vingtaine de personnes.

Pour Joanne Connors, les renseignements fournis par les représentants du ministère de l’Éducation n’étaient pas nouveaux pour les membres du comité de parents. Par contre, les autres membres de la communauté ont pu prendre en considération des informations provenant d’une source plus neutre. «C’était une très bonne présentation et l’on a tous eu la même information », a mentionné Joanne Connors.

Ces séances d’information tombaient à point en raison de la difficulté grandissante de communiquer entre l’ASD et le comité de parents. «Ce sont des rencontres qui ont été positives. On a beaucoup de chemin à faire », a expliqué Lorraine Taillefer du comité de parents francophones. Pour les parents, la présentation du ministère aura permis de mettre au clair certains faits. « Là c’est clair, le programme est ici, il reste ici et faut que ça soit dans les immeubles du gouvernement car les écoles appartiennent au gouvernement et non au DEA (l’ASD) », a expliqué Joanne Connors.

La question qui soulève le plus de réticence de la part de certains membres de l’ASD est celle de l’inclusion d’élèves anglophones dans le programme. Les représentants du ministère ont confirmé que cette pratique n’est pas inusitée et qu’elle se retrouve dans d’autres provinces. Le choix de décider d’inclure ou non ces élèves relève uniquement du comité de parents explique Lorraine Taillefer. «Nous on a une philosophie d’ouverture, on ouvre les portes aux gens qui montrent un intérêt dans le programme. L’ASD ne croit pas encore à ça et voudrait que le programme soit seulement pour les ayants droits ».

Les ayants droits, ce sont, essentiellement, des enfants dont les parents ont droit à l’instruction en français. Des membres de l’ASD craignent que le passage d’élèves anglophones de leur programme vers le programme de français ne signifie une baisse des revenus.

Le ministère a indiqué que l’ASD continue de recevoir les montants alloués pour ces jeunes élèves anglophones mais qu’en plus, un financement d’appoint est reçu en supplément du gouvernement du Canada par son programme de soutien à l’enseignement dans les langues officielles. Dans l’immédiat, le gain le plus significatif de cette intervention du ministère de l’Éducation est que les deux parties opposées ont convenu d’un processus par lequel elles vont rétablir le dialogue. Deux membres de l’ASD et deux membre du comité de parents vont se réunir pour discuter des questions relatives au programme. Ces discussions aideront peut-être à débloquer le dossier.