Chronique Santé TNO : Profil de santé des communautés de langues officielles minoritaires

Louise Bouchard, professeure titulaire au département de sociologie et d’anthropologie de l’université d’Ottawa.

Recueil de propos exprimés lors des Chroniques Santé diffusées sur Radio Taïga les samedis à 11 heures.

Avec pour but d’objectiver la situation minoritaire, une étude universitaire menée par Mme Bouchard a conclu que les déterminants sociaux agissent de façon particulière sur la santé des hommes et des femmes.
De plus, le fait d’appartenir à la minorité linguistique semble ajouter une indication qui affaiblit les indicateurs de santé pour les minorités.
Ainsi, parce qu’elles appartiennent à la minorité, ces communautés sont susceptibles de se percevoir en moins bonne santé. D’où la question suivante : est-ce que le contexte minoritaire peut déterminer l’état de santé d’une communauté?

Les problématiques qui ressortent de cette étude de cartographie conceptuelle sur la question des services en français pour les soins de santé sont :

  • La réalité géographique des minorités francophones (souvent rurales et éloignées) qui a une incidence sur l’accès aux services, l’accès aux médecins spécialistes, l’accès aux foyers pour personnes âgées, l’accès aux soins pour la petite enfance, etc.;
  • Le respect des droits linguistiques;
  • La qualité des soins;
  • L’éducation et la formation des professionnels de la santé;
  • Les ressources humaines nécessaires pour offrir des services de qualité à la population francophone;
  • Le bilinguisme et la traduction des documents;
  • Le concept d’offre active, qui est important notamment avec des populations fortement assimilées;
  • Le rôle des différents gouvernements qui doivent prendre leurs responsabilités face à la distribution de services;
  • La mobilisation et l’engagement communautaires ou autrement dit, les services en français pour les francophones, mais élaborés par les francophones;
  • La mise en réseau au niveau national qui assure l’avenir des services en français.

La Constitution canadienne évoque l’égalité de statut des langues officielles, donc égalité des langues et égalité de fait, ce qui doit se traduire par le droit aux grandes institutions de la société dans sa langue. Il n’est pas justifiable que les minorités aient à se battre. On remarque une différence entre les deux communautés minoritaires, anglophone au Québec, et francophone hors Québec.

La minorité majoritaire, telle la communauté anglophone à Montréal, dispose de trois universités et de deux hôpitaux. La minorité minoritaire, comme la population francophone en Ontario, se bat encore pour avoir ces institutions. Quand une population est minorisée, on lui coupe ses ressources sociales, et les reconquérir, sont des batailles qui ne devraient pas être justifiées dans le contexte canadien.

La mobilisation et la participation communautaires sont importantes pour améliorer ou changer les conditions des communautés linguistiques minoritaires. Il y a un travail au plan légal à effectuer, mais la fierté francophone doit être présente elle aussi. Il faut que la population veuille s’afficher et demander les services.

À moins de faire ses propres enquêtes, il est difficile d’obtenir des chiffres dans des communautés de petite taille telles que celles les TNO.
C’est une des failles des systèmes d’information pour les communautés de langues officielles. La petite taille des populations rend difficile la description de ces communautés afin d’extraire de l’information, laquelle est la clé de la gestion des services de santé. Pourtant, il y a peu de documentation des services en français. Il y a un réel besoin d’un système d’information modélisé sur les communautés de langues officielles.


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