Horticulture : Pousse Pousse Pousse

18 mars 2010
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Darwin Rudkevitch, Karine Pattin, Sylvie Morin, Christian Frenette et Sebastien Allarçon posent au centre de cette nouvelle serre nordique. (Photo: Maxence Jaillet)

Darwin Rudkevitch, Karine Pattin, Sylvie Morin, Christian Frenette et Sebastien Allarçon posent au centre de cette nouvelle serre nordique. (Photo: Maxence Jaillet)

Une nouvelle serre pour plus de légumes aux TNO.

La compagnie Artic Farmer veut développer le marché des produits locaux. Avec une nouvelle serre exclusivement réservée à la croissance des légumes, cette entreprise de Yellowknife espère approvisionner les besoins de nombreux particuliers et restaurants de la capitale ténoise. Pour optimiser ses chances de produire localement, Darwin Rudkevitch, le propriétaire d’Arctic Farmer, s’est entouré d’experts en la matière : un horticulteur et deux horticultrices vont maintenant mener cette production nordique.

Darwin Rudkevitch rappelle que l’an passé, ils avaient expérimenté et découvert plusieurs choses à améliorer. « Cette année, nous possédons plus d’expérience et nous améliorons deux lacunes que nous avons décelées l’an passé. La première était d’acquérir plus de contrôle sur notre environnement dans la serre. La seconde, de travailler avec des gens d’expertise », énumère-t-il.

Christian Frenette, l’horticulteur en chef d’Arctic Farmer, estime que la compagnie a su se doter des éléments nécessaires pour arriver à ses fins. « Notre production va se concentrer sur les tomates, les aubergines et les poivrons. Les fines herbes également, mais en moins grande quantité, car je veux vraiment accentuer sur les tomates », dévoile-t-il. Il explique pourquoi la nouvelle serre en polycarbonate sera un atout crucial pour faire pousser le plus de tomates sous ces latitudes. Selon lui, la hauteur de ce nouvel espace contrôlé lui permet d’instaurer une zone de température tampon qui joue en la faveur de la croissance des tomates, qui nécessitent une régularité optimale lorsqu’elles sont confrontées à un climat aussi extrême que celui de Yellowknife. « L’agriculture à Yellowknife, c’est un autre monde, ça n’a rien à voir avec les façons de travailler dans le Sud, affirme le diplômé du centre de formation Fierbourg à Québec. Le temps d’ensoleillement est incroyable, alors les plantes boivent deux fois plus, elles dépensent deux fois plus d’énergie, donc elles deviennent plus vulnérables aux insectes, alors ça me prend un environnement beaucoup plus contrôlé. » Arctic Farmer s’appuiera sur l’aide des insectes pollinisateurs comme le bourdon et sur des méthodes de lutte intégrées sans fertilisant de synthèse en favorisant l’utilisation de mycorhize et d’insectes prédateurs de pucerons, comme les coccinelles, pour produire des légumes qui ne nuisent pas à l’environnement. S’il y a la nouvelle serre, il y a aussi un nouveau champ cultivable de deux acres qui sera, celui-ci, sous la responsabilité d’une toute nouvelle recrue, Sylvie Morin. Lors de son premier jour de travail, la québécoise est bouillonnante de dynamisme. « Lorsque j’ai vu l’offre d’emploi : horticultrice à Yellowknife, j’étais assommée. Je me suis dit qu’il fallait que j’y aille. C’est un défi horticole incroyable. Je suis venue pour ça. » Alors qu’elle s’occupe d’organiser la serre, il est encore tôt pour que Sylvie Morin puisse révéler son plan de production de légumes à l’extérieur.

Arctic Farmer, qui est connue pour ses aménagements paysagés, a investi dans les légumes, mais aussi dans les plantes décoratives. En effet, la deuxième horticultrice embauchée cette année, et qui arrivera à la fin du mois, sera spécialisée dans la production de fleurs ornementales pour les particuliers autant que pour les besoins de la ville. « Cette année, c’est la première année que l’on fonctionne avec des mottes qui possèdent une grande densité de plants par plaque de semis. Ainsi, nous n’achetons plus de produit fini, mais bien de minuscules plants que nous allons faire pousser dans nos serres. Cette méthode économise beaucoup de place, donc on gagne sur le transport et également sur le chauffage, car c’est au moins trois semaines d’entretien en serre que je n’ai pas à faire », explique Christian Frenette, qui anticipe que les plantes occuperont l’espace des serres jusqu’à ce que la production de légumes prenne tout l’espace de la nouvelle serre à la mi-juin.