Immigration : Pour soutenir l’immigration francophone

16 avril 2015
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Le gouvernement ténois œuvre actuellement à mettre au point sa politique d’immigration. Le RIF-TNO souhaite que celle-ci tienne compte de l’immigration francophone. (Denis Lord)

Le gouvernement ténois œuvre actuellement à mettre au point sa politique d’immigration. Le RIF-TNO souhaite que celle-ci tienne compte de l’immigration francophone. (Denis Lord)

La FFT préconise la création d’un groupe de travail sur l’immigration
 

Alors que le gouvernement ténois a plusieurs fois exprimé son désir de voir l’immigration vitaliser son économie, le Réseau d’immigration francophone aux TNO (RIF-TNO) apporte sa contribution avec un mémoire comportant 12 recommandations pour stimuler l’immigration en général et l’immigration francophone en particulier.
Qui sont les immigrants francophones aux Territoires du Nord-Ouest? Le rapport Perspective sur l’immigration francophone aux Territoires du Nord-Ouest n’en dresse pas le portrait. Mais la faute en incombe au Bureau des statistiques des TNO, qui n’a pas de données sur l’immigration et la diversité culturelle locale, avance l’auteur du rapport et coordonnateur du RIF-TNO, Nicolas Carrière. Combler cette lacune est d’ailleurs une recommandation de son rapport. Mais cette absence de portrait est aussi due au fait que Nicolas Carrière privilégie une approche qualitative ? basée sur des gestes à poser ? plutôt qu’une approche quantitative, qui amènerait à s’appuyer sur des chiffres par ailleurs imprécis. Exemple de ce doute sur les chiffres, le rapport cite Statistiques Canada, qui affirme que 2 880 immigrants vivent actuellement aux TNO, mais stipule ensuite que selon un fonctionnaire de Citoyenneté et Immigration Canada basé à Yellowknife, le nombre réel « pourrait largement dépasser ce chiffre ».
Le rapport établit néanmoins quelques caractéristiques des immigrants francophones au Canada, prémisses d’une stratégie pour les attirer aux TNO. Ainsi, les francophones seraient de tous les immigrants ceux affichant le taux de migration secondaire le plus élevé. On préconise de les recruter dans les centres urbains ayant leur faveur, comme Vancouver, Toronto, Ottawa-Gatineau, Montréal et Québec.
En outre, le taux de migration des immigrants de langue franc¸aise atteint son sommet chez les 25 à 30 ans. Il atteindrait alors plus de 140 pour mille tandis que les immigrants non francophones enregistreraient 45 pour mille. « En visant ce groupe d’a^ge, écrit Nicolas Carrière, on contribue à compenser la réduction de cette me^me tranche d’a^ge aux TNO », qui serait la plus nombreuse à quitter les régions rurales et les petites villes.

Autres recommandations
Le RIF-TNO recommande que le gouvernement ténois finance les services d’établissement de la Fédération franco-ténoise. Actuellement, les locaux et le salaire du coordonnateur du Centre d’accueil d’immigration francophone aux TNO sont financés par Citoyenneté et Immigration Canada (CIC). « Le contrat que nous avons signé avec CIC, explique Nicolas Carrière, stipule que nous ne pouvons servir que les citoyens reçus qui sont résidents permanents. Si nous recevions de l’aide du GTNO, nous pourrions aussi aider les travailleurs temporaires et d’autres catégories de personnes. »
Le RIF-TNO préconise en outre la création d’un groupe de travail sur l’immigration regroupant des représentants de divers ministères, des municipalités et du milieu communautaire.
Le mémoire Perspective sur l’immigration francophone aux Territoires du Nord-Ouest a été remis à Gabriela Eggenhofer, Andy Bevan et Dana Heide. La première est sous-ministre de l’Éducation, de la Culture et de la Formation (MECF), les deux autres sont sous-ministres associés. « Nous souhaitons que des copies du mémoire se rendent à Jackson Lafferty et à Michael Miltenberger, de dire Nicolas Carrière. Nous avons une rencontre dans deux semaines avec les responsables du Programme des candidats au MECF pour leur présenter notre mémoire. Sauf qu’ils ne peuvent pas répondre à nos questions et qu’ils ne s’occupent que de ce programme. »

On souhaite que le mémoire soit utilisé pour documenter le Cadre de référence en immigration des TNO, qui devrait être terminé cette année et que les TNO, comme le gouvernement fédéral, fixe une cible de 4 % de francophones sur le nombre total d’immigrants.

Les ministres Jackson Lafferty et Michael Miltenberger, ainsi que la sous-ministre Gabriela Eggenhofer, n’étaient pas disponibles pour une entrevue. Le Réseau d’immigration francophone aux TNO est formé de la Fédération franco-ténoise, du Collège nordique, du Centre immigration francophone des TNO, de l’Association franco-culturelle de Yellowknife et de Citoyenneté et Immigration Canada.