La java du café : Portrait de jeunes entrepreneurs

04 juin 1999
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Les frères Bell chérissaient un rêve, ouvrir à Yellowknife un café ayant de la veine et du cachet comme ceux que l'on retrouve à Vancouver, Toronto ou Montréal.

Une idée, un soupçon d'ambition et un brin de volonté, et voilà, le tour est joué, un rêve se concrétise. C'est un peu l'histoire de Brendan et d'Adrian Bell qui se sont réveillés, un jour, avec l'idée d'accentuer le caractère urbain de Yellowknife en y ouvrant un café comme on en voit dans les grandes villes du sud.

«Mon frère Brendan, en juin 1996, a tout pris en main (Š) C'est après avoir travaillé pour lui, comme gérant, pendant cet été-là, que j'ai décidé t'interrompre mes études à l'Université de la Colombie-Britannique et de devenir son associé en achetant mes parts », explique le plus jeune des frères, Adrian.

En fait, c'est un peu la nostalgie de leur épopée universitaire qui aura donné aux deux frères la petite tape dans le dos nécessaire pour qu'ils aillent de l'avant avec leur projet.

«Quand j'allais à l'université, il y avait un café juste en face de chez moi où j'arrêtais chaque matin. C'était devenu un rituel », mentionne Adrian.

Les cafés ont cet effet enivrant, à la limite exaltant, qui fait qu'on s'y attache. Ils ont ce petit aspect culturel qui rappelle le style de vie citadin. On peut s'y sentir aussi bien seul ou entre amis. C'est en quelque sorte un lieu qui allie indépendance et socialisation, solitude et camaraderie.

«À Vancouver, certains cafés restaient ouverts 24 heures alors, je prenais mes livres et je pouvais étudier pendant des heures et des heures. Le plus amusant, c'est que pleins d'autres étudiants faisaient la même chose. On se sentait solidaire sans avoir à se parler », indique Adrian.

Cet esprit agréable que l'on aime tant retrouver dans les cafés est créé par un ensemble de facteurs qui forment un tout presque magique : l'arôme alléchant du café, le charme du décor, l'odeur des petits plats qu'on y sert. À bien y penser, être propriétaire d'un café s'apparente à un art qui s'apprend et se perfectionne.

«Avant l'ouverture du deuxième Javaroma, celui de la tour Northwestel, je suis allé à Vancouver afin de faire de la recherche pour le design intérieur. Mon frère et moi voulions créer un endroit à la fois dynamique, détendu et réconfortant », renchérit Andrian.

Ainsi en faisant récemment l'acquisition d'un torréfacteur, les frères Bell restent fidèles à leur philosophie. Tout en offrant un produit de qualité, les clients auront désormais le privilège de pouvoir humer la senteur des grains de café fraîchement brûlés.

«L'idée, c'est la fraîcheur. Des grains de café déjà torréfiés restent frais un maximum de deux semaines, alors qu'en torréfiant nous-même notre café, nous aurons la certitude d'offrir un produit toujours impeccable », explique Andrian.

Résultat de nombreuses heures de travail, d'effort soutenu et de c¦ur à l'ouvrage, la petite entreprise de Yellowknife vient d'ailleurs de récolter le fruit de sa semence. Javaroma s'est mérité, à Toronto, le prix Jeunesse 1999 offert par le Conference board of Canada, pour avoir reconnu l'importance d'embaucher des jeunes.

«Mon frère et moi trouvions important d'embaucher des jeunes d'une part, pour leur donner la chance d'acquérir une bonne expérience de travail et d'autre part, parce qu'un personnel jeune aide à créer une ambiance dynamique. Avec les jeunes, ça n'arrête jamais», spécifie Adrian. Ainsi, les frères avaient un rêve et ils l'ont réalisé. Maintenant, ils doivent tenir bon. Heureusement, avec le temps et l'expérience les choses défilent de plus en plus aisément.

«Mettre une entreprise sur pied est difficile. Il faut accepter de faire des erreurs mais, je crois qu'en bout de ligne, l'important reste de faire quelque chose qui nous motive et qui nous intéresse », conclut Adrian.