À l'heure du multi-média, les jeunes n'on aucune difficulté à résoudre les
questions d'informatique. Ils passent des heures à naviguer sur Internet, à
conceptualiser des pages Web et à s'entre-tuer dans des jeux vidéos.
Elie Forget ne fait pas exception à ce portrait. Ce grand jeune homme de 13
ans a deux loisirs : jouer dehors avec ses amis et éliminer ses
adversaires, manette en main, sur son Nintendo 64. Sauvegarder ses jeux
guerriers est une question territoriale à un point tel que son frère cadet
subit l'interdiction de toucher à la boîte de jeux sans avoir reçu une
approbation.
Pourtant, employer un « vrai » ordinateur est une tâche plus complexe. Elie
vous le dira : « S'il y a une chose que j'ai appris à propos des
ordinateurs, c'est qu'ils ont plein de problèmes. (Š) Chez moi, j'ai un
vieux 486 fabriqué durant l'âge de pierre. Les graphiques les plus avancés
sont un sourire jaune que l'on retrouve dans la pub de Wal Mart et des
bonhommes-allumettes. À la maison, je répare toujours l'ordinateur parce
que ma mère ne sait pas comment le faire. »
Cet élève de la huitième année, le seul à l'École Allain St-Cyr, est le
premier élève fréquentant un établissement scolaire francophone aux T.N.-O.
à suivre des cours sur Internet. Un partenariat avec le Conseil scolaire
régional du Centre-Nord, à Edmonton, permet à Elie d'accéder à des classes
virtuelles à partir de Yellowknife.
Pourtant, à l'école, il ne suffit pas simplement d'employer un logiciel,
mais également de résoudre les travaux scolaires en sciences et en sciences
humaines. Elie apprend le fonctionnement de la classe virtuelle tout seulŠ
enfin presque. Il profite de l'appui de son enseignant à l'école, Pierre
Ouellet, mais pas des avantages qu'offrent les condisciples.
La plupart de ses camarades de son âge fréquentent les écoles Saint-Joseph
et Saint-Patrick, dans son quartier résidentiel. « Il y a des élèves qui
sont partis (durant l'été) qui ne m'avaient pas parlé de leurs plans, » a
concédé ce dernier.
Elie estime que compléter ses travaux aurait été plus facile s'il avait pu
compter sur l'appui d'autres élèves, mais il se retrouve dans l'obligation
de résoudre tous ses problèmes. De plus, l'enseignant supervise
virtuellement les travaux à partir d'Edmonton, alors pas question de
compter sur son aide non plus.
L'élève a confié qu'il avait du rattrapage à faire pour compléter ses
travaux. Une panne du réseau à l'échelle territoriale explique pourquoi il
tirait de l'arrière au moment de l'entrevue (voir l'article à la page 2).
Ses énergies se sont déplacées vers ses cours plus traditionnels, utilisant
stylo à bille et papier, le temps que les anomalies soient réparées.
Il a néanmoins trouvé le temps de procéder à une démonstration. Élie reçoit
ses instructions sous forme de courriel. Ensuite il rédige ses travaux, la
plupart du temps, sur Microsoft Word avant de les envoyer à son enseignant
albertain.
« Les messages contiennent les explications de ce que je suis censé
accomplir », a expliqué Elie Forget. La possibilité de participer à des
conférences avec d'autres élèves est également possible, mais cette étape
n'a pas encore été entamée.
Les cours par Internet offrent à Elie la possibilité d'élargir ses
connaissances en informatique. Depuis le début des cours, il a appris
comment personnaliser sa boîte de réception. Sa directrice a également noté
qu'il fait des progrès dans la gestion de son horaire grâce aux cours.
« En sciences, on étudie la chimie. On a appris la différence entre les
solutions et les mélanges, a noté l'étudiant. En sciences humaines, on
parle davantage de cartographie et des points d'intérêt en géographie. »
Pour l'instant, Elie est en train de déterminer les avantages et les
désavantages des cours par Internet. Son expérience déterminera s'il est
prêt à en reprendre l'année prochaine, peu importe l'école qu'il
fréquentera.