« Elle va bien elle-là. So far, so good »,lance Albert Basque, de son bel accent acadien, en parlant de sa fille qui
vient de naître, il y a quelques semaines à peine. Le couple avait
l'intention de mettre les voiles et de repartir vers leur terre natale
(Tracadie au Nouveau-Brunswick), mais une offre d'emploi intéressante les
gardera encore pour quelques années à Inuvik ! Juste le temps de bâtir la
nouvelle association francophone de cette communauté située près du delta
du Mackenzie.
« C'est la première fois que je fais du bénévolat. Ils me font travailler
dur », lance Albert Basque en riant et en m'expliquant ses fonctions de
vice-président de l'Association des francophones du delta du Mackenzie. Il
s'occupe du recrutement des membres. « C'est vraiment dur d'avoir des
membres puisque les gens viennent à Inuvik le temps d'un contrat. Les gens
ne sont pas stables et certains travaillent du lundi au lundi, puis ils
quittent », avoue Albert Basque.
« Nous sommes une petite gangqui commence. » La cabane à sucre n'a
pas eu lieu cette année faute de temps, mais une glissade familiale a été
organisée par la jeune association francophone. « Nous avons fait cette
activité pour tout le monde. Les autochtones l'apprécient ! », avoue le
jeune papa, en soulignant qu'éventuellement, des activités uniquement pour
les francophones seraient mises en ¦uvre. L'association pourra compter sur
une très jeune membre, bébé Noémie! « On lui fait écouter la musique de
1755, elle va aimer ça ».
Pourquoi faire du bénévolat à l'association ? « Je suis un Acadien, je
parle français », s'exclame celui qui n'a pas peur des mots. Il raconte
qu'il s'est souvent fait aborder par des gens d'Inuvik qui lui demandaient
pourquoi il ne parlait pas la langue du Canada, soit l'anglais. « J'ai
répondu : là, toi t'es en train de perdre ta langue et tu veux que je parle
anglais et que je perde la mienne ? Si l'on perd le respect de soi-même,
on perd tout ! », lance Albert. Il n'est pas prêt de perdre son français
puisque de son propre aveu « j'aime même les commerciaux, puisqu'ils sont
diffusés en français ! »
Un bénévole qui ne perd donc pas espoir.
« On ne se décourage pas ! », s'exclame celui qui vient de relever son
« plus beau défi », apprendre le métier de papa, une forme de bénévolat qui
ne s'achève pas !