Archi talentueux : Portrait d'un artiste déné

14 mai 1999
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Archie Beaverho a eu la chance d'hériter de l'enseignement et du talent de son grand-père. Ainsi, depuis l'âge de 8 ans, c'est avec passion qu'il peint la vie, les gens, la nature.

C'était une visite imprévue, une rencontre à laquelle je ne m'attendais pas. Soudain «paf», je me retrouve dans la maison d'Archie Beaverho, un artiste-peintre qui habite la petite commuanuté de Wha Ti.

Plutôt distant, plutôt timide, mais toutefois doté d'une simplicité qui saurait mettre à l'aise la personne la plus insécure, Archie entame la conversation d'un ton fier.

Pour Noël, il a offert sa première sculpture à son père. Une sculpture qu'il a fait alors qu'il purgeait sa peine en prison.

«Je ne pensais pas pouvoir faire quelque chose comme ça. Au tout début, je me disais que j'en serais incapable. Finalement, j'ai exécuté le travail en moins de dix heures.»

C'est ce mélange d'hésitation et d'assurance, de timidité et d'entregent qui caractérise cet homme dont la regard lointain, caché derrière la teinte brunâtre de ses lunettes, trahit un passé nébuleux. Comment un être aussi gentil a-t-il pu faire de la prison?

Mais peu importe. Aujourd'hui, la tête remplie de projets, il entrevoit l'avenir avec optimisme.

«J'aimerais obtenir du financement pour avoir un studio dans lequel je pourrais combiner mon travail de sculpture et de peinture.»

Au fil de la conversation, j'apprends qu'Archie Beaverho est un artiste bien connu dans les T.N.-O., même qu'il a déjà été approché par une galerie d'art de l'Arizona.

Archie est de ces artistes qui ont hérité d'un talent naturel, fluide, limpide.

«Si je mets trop de temps à réaliser une toile, généralement c'est mauvais car il y a trop de choses qui se passent dans ma tête et qui influencent ma pensée. Les oeuvres dont je suis le plus satsifait sont celles qui découlent d'une exécution rapide, parce qu'elles viennent spontanément.»

Être sensible, pour créer il s'inspire des histoires que lui racontent les gens de son entourage. Il écoute, récrit la narration pour ensuite la transformer en image. On dit de lui qu'il a cette capacité de peindre les vérités cachées, l'essence invisible.

Ces oeuvres dépeignent aussi sa perception de la culture dogrib: les traditions de ses ancêtres, leurs croyances, l'importance de leur relation avec la nature.

Certes, Archie Beaverho est doué mais, il sait mettre cette douance à profit. Conscient de sa facilité et de sa rapidité d'exécution, il en parle toutefois avec modestie. «Lorsque j'étais à l'Université de Calgary, j'ai quitté après deux mois et demi car je devançais tout le groupe.»

Ainsi, pendant quelques instants, il raconte quelques épisodes de sa vie.

Soudain, un silence indiquant qu'il est temps de clore la discussion s'empare de la pièce. Je pars et Archie reste seul avec un don, un talent artistique lui permettant de rêver, de créer, d'oublier.