Dave Nutter, conseiller principal pour la mine Giant au ministère des
Affaires indiennes et du Nord canadien (MAINC), a profité d'une visite
guidée de la mine Giant, le 22 mars dernier, pour faire le point concernant
le dossier de la gestion des polluants, principalement du trioxyde
d'arsenic, tant en surface que dans les voûtes souterraines de la mine. De
plus, des séances publiques d'information ont eu lieu les 27 et 28 mars.
Bien que l'attention des médias se soit surtout portée sur les 265 000
tonnes de trioxyde d'arsenic entreposées dans des voûtes et les milliers de
barils jonchant le terrain de la mine, la situation est plus complexe que
cela, a révélé Dave Nutter.
En surface
En surface, la remise en état du terrain de la mine Giant avance peu à peu
malgré l'imbroglio juridictionnel de ce dossier. En effet, le MAINC
confirme sa responsabilité quant à la pollution des eaux mais estime que le
gouvernement territorial est responsable du sol puisque la mine repose sur
des terres de la couronne relevant du GTNO. Les deux gouvernements
travaillent actuellement ensemble pour le nettoyage de surface.
En plus des milliers de barils contenant principalement des huiles usées,
on retrouve sur le site de la mine Giant de nombreuses batteries
abandonnées au fil des ans, ainsi que divers polluants dans le sol et dans
les étangs de rétention.
En ce qui concerne les barils, un important travail de catégorisation
s'effectue afin de déterminer plus exactement leur contenu. « Jusqu'à
présent, nous n'avons décelé aucun signe de BPC, ce qui est une bonne
nouvelle », a indiqué Dave Nutter. Dépendant de leur contenu, certains
barils seront traités sur place alors que d'autres pourraient prendre le
chemin du sud pour y recevoir un traitement approprié. Certains des barils
étaient dans un état de dégradation avancée. En attendant leur traitement,
ils ont été enfermés dans une enveloppe de plastique ou ont été insérés
dans des barils de plastique.
Dans la mine
Le MAINC recevra d'ici quelques semaines un rapport de la firme SRK
Consulting de Vancouver. Cette firme d'experts est chargée d'étudier les
options possibles pour identifier une solution à long terme afin de gérer
les déchets toxiques entreposés dans la mine. Lors des études précédentes,
une dizaine de solutions possibles avaient été identifiées. Le mandat
actuel de cette firme est de ramener le nombre de solutions à deux ou
trois.
Peu importe les solutions retenues, le début des travaux ne débuterait pas
avant deux ou trois ans. Un plan de gestion à long terme de l'arsenic doit
être présenté à la Commission des eaux et des terres de la vallée du
Mackenzie d'ici le 1er octobre 2001. Par la suite, le plan doit être rendu
opérationel avant d'être soumis de nouveau à la Commission des eaux pour
une étude d'impact environnemen-tal.
Ce délai n'inquiète pas Dave Nutter : « Il n'y a pas de risque immédiat
pour la santé publique », a-t-il indiqué. Dave Nutter estime que le
traitement complet de cet arsenic pourrait bien prendre de 20 à 30 ans.
« Un délai d'un an n'affecte pas beaucoup la résolution à long terme de ce
problème », a pexpliqué Dave Nutter. Le volume de poussière contenant du
trioxyde d'arsenic entreposé dans la mine correspond à sept fois le volume
de l'édifice Precambrian, au centre-ville de Yellowknife.