Publication de poèmes : Poésie révélatrice mise de l’avant

30 mai 2013
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La publication indépendante de textes poétiques a été lancée le 5 mai dernier. (Photo : Noémie Bérubé)

La publication indépendante de textes poétiques a été lancée le 5 mai dernier. (Photo : Noémie Bérubé)

Le 15 mai dernier, Batiste Foisy et quatre poètes ont procédé au lancement d’une publication indépendante de textes poétiques en anglais.

 

Le premier numéro de Laid MuskRat a été lancé le 15 mai devant certains fervents de poésie et d’autres curieux venus entendre l’instant d’une soirée au Twist ce que cinq poètes des Territoires du Nord-Ouest avaient à communiquer.

À la suite d'une rencontre entre Batiste Foisy et Jamie Dean Walowski, l’idée de publication de Laid MudkRat a pris forme, bien que le projet ait pris quelques années à se réaliser en raison de discussions interminables.
Les deux éditeurs de ce premier essai, messieurs Foisy et Walowski, ont publié les textes de trois poètes : Jacqu Brass, Aidan Cartwright et Catherine Colas Citroën, en plus des leurs. Les illustrations ont été réalisées par Jamie Walowski, avec l’aide de Cat Blanchet.

« Je suis vraiment fier du travail que nous avons fait parce qu’aux Territoires du Nord-Ouest, il n’y a pas vraiment d’avenue pour la poésie », a commenté Batiste Foisy, ajoutant qu’ensemble, ils ont décidé de prendre l’initiative d’offrir la chance aux gens de pouvoir s’exprimer librement. D’ailleurs, il a signalé qu’il y a du travail à faire pour convaincre la population que la poésie n’est pas un truc chiant et ennuyant.

Lors de l’appel de texte à l’hiver 2012, il n’y avait pas de sujets spécifiques sur lesquels créer. Cependant, les textes qui ont été retenus dans la publication en noir et blanc étaient « assez évocateurs ».
Il s’agissait de la littérature contemporaine présentée dans quelques pages de poésie qui ne suggérait pas de « petits anges ou petites fleurs ». Aussi, Batiste Foisy a tenu à souligner qu’ils désiraient sortir du côté quétaine auquel la poésie peut être rattaché et concevoir quelque chose de dérangeant : « L’art a une fonction de prendre les gens et de les déstabiliser et des les emmener dans une position qui n’est pas nécessairement confortable et qui permet d’avoir une réflexion ».
Ainsi, chaque auteur a publié au plus deux poèmes. Jacqu Brass a écrit sur l’identité sexuelle de façon « terre à terre ».
Catherine Colas a usé de sa capacité à mettre le lecteur dans une ambiance déconcertante et malsaine.
Quant à Aidan Cartwright, il a composé en utilisant l’imagerie de la chasse pour parler de relations humaines.
De son côté, Jamie Dean Walowski a délaissé le concret pour une poésie plutôt éthérée, tout en ayant un fond de cynisme.
Et Batiste Foisy abordait la question de la violence sexuelle, qu’il a reconnu être un tabou dans les TNO.


Pour les éditeurs, l’idée de publier en anglais était une évidence dès le stade embryonnaire du « recueil de poésie » : « C’est déjà assez compliqué de faire des arts aux Territoires du Nord-Ouest ». Bien qu’il s’agissait d’un projet marginal, la possibilité d’écrire en français représentait un défi supplémentaire pour Laid MuskRat.

Toutefois, Batiste Foisy a laissé savoir que lui et son groupe n’ont pas de périodicité quant à la publication de la prochaine édition, même s’il souhaite que le projet ait une continuité.

Comme le tirage de la publication est limité, une des seules façons de s’en procurer une copie est de passer par M. Foisy.