Northwestel se prépare à affronter les compétiteurs : Plan de réaménagement

11 février 2000
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Northwestel envisage d'injecter la somme de 68,3 millions de dollars afin d'étendre et d'améliorer son réseau pour faire face à la compétition qui s'annonce.

Le réseau téléphonique de la compagnie Northwestel, desservant les 110 000 abonnés du Nord canadien, va se refaire une beauté en 2001 si son plan de réaménagement est accepté par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).

Seule entreprise autorisée à opérer dans le Nord canadien, la compagnie doit désormais ajuster son tir et affronter la compétition. Dans ce dessein, elle a soumis une proposition au CRTC qui tiendra des consultations publiques en juin 2000. Le CRTC prévoit rendre sa décision avant la fin de l'année en cours. Advenant une entente, cela signifie une hausse du tarif mensuel de base de l'ordre de 5 $ pour les compagnies de toutes tailles ainsi que pour les particuliers. Les nouveaux tarifs entreraient en vigueur dès le premier janvier 2001 si le plan est approuvé.

Une somme de 68,3 millions est proposée par Northwestel afin de réaliser le réaménagement de son réseau. La compagnie ne pourra cependant assumer à elle seule l'ensemble des coûts d'opération du réseau. Northwestel a donc soumis dans sa proposition au CRTC un plan de mise en ¦uvre qui inclut un investissement annuel supplémentaire de 35 millions provenant du reste du Canada. Cette somme serait possiblement amassée avec l'appui financier des autres compagnies téléphoniques canadiennes.

Toutefois, Northwestel avance que les consommateurs pourraient bénéficier de rabais sur leurs appels interurbains. Il n'en coûterait que 20 $ par mois aux abonnés pour effectuer un maximum de 600 minutes d'appels faits en soirée et la fin de semaine. Pour chaque minute additionnelle, le client débourserait 10 ¢ la minute. Cependant, si le nombre total de minutes ne dépassait pas 600, le client paierait 10 ¢ la minute jusqu'à concurrence de 20 $. Le prix des appels réguliers (jour de la semaine) serait abaissé de 15 %.

La deuxième phase du projet de Northwestel s'adresse aux petites et moyennes entreprises. L'entreprise leur offrirait un tarif régional fixe de 13 ¢ la minute ainsi qu'un tarif interurbain pour le reste du Canada et les Etats-Unis de 16 ¢ la minute.

Finalement, la compagnie propose aux grosses entreprises des contrats selon leur volume d'appels interurbains mensuels. Des améliorations seraient également prévues pour assurer de meilleurs services Internet en régions éloignées. L'entreprise se dit prête à investir 4,9 millions de dollars pour acquérir de nouvelles installations afin d'assurer une connexion locale par modem aux usagers et ainsi leur offrir une connexion au serveur Sympatico.

« La proposition concernant les services téléphoniques de base devrait être mise en place sur une période de quatre ans », a déclaré le Directeur financier de Northwestel, Ray Hamelin. La compagnie veut étendre ses services vers les régions actuellement non desservies par différents services offerts ailleurs dans le Nord ou ayant un accès limité. Plusieurs communautés ont par ailleurs demandé au géant de la téléphonie locale de leur fournir des services personnalisés ainsi qu'un service de gestion des appels comme l'afficheur.

Dans son plan, Northwestel propose également d'améliorer ses services téléphoniques locaux et interurbains en effectuant des modifications au réseau de télécommunications desservant des communautés un peu plus populeuses comme Fort Simpson et Norman Wells. Par ailleurs, la porte serait ouverte aux compétiteurs dès le janvier 2001 et les abonnés des villes de Yellowknife, Fort Nelson, Iqaluit et Whitehorse auraient initialement accès à différentes compagnies de services interurbains avec une facilité et une qualité égales de raccordement.

Dans les mois à venir, Northwestel poursuivra le processus de consultations avec le CRTC. Advenant un rejet de son plan de réaménagement, Northwestel devra retourner à la table de négociations puisque le projet n'est pas viable sans l'appui financier du gouvernement ainsi que des autres compagnies de téléphone canadiennes.