Projet gazier du Mackenzie : Plaidoiries finales

15 avril 2010
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Une dernière semaine d’audiences à Yellowknife.

 

Les audiences publiques finales de l’Office national de l’énergie (ONÉ) sur le Projet gazier du Mackenzie ont débuté le lundi 12 avril à Yellowknife. Les différents arguments ont été entendus durant toute la semaine par l’organisme fédéral indépendant qui réglemente sur les projets gaziers et pétroliers.

Dès le 12 avril au matin, une coalition d’organismes environnementaux et sociaux a affiché ses couleurs quant à leur dernier avis sur le mégaprojet. Le Sierra Club du Canada, Alternatives North, Ecology North et la Société pour la nature et les parcs du Canada ont annoncé qu’ils n’appuieraient pas le projet de gazoduc à moins que des changements importants y soient apportés. 

« Je pense que, malheureusement, lorsque l’Office national de l’énergie a présenté ses recommandations, nous n’avons pas vu les principes [que nous recherchons], par exemple comment utilisera-t-on le gaz naturel, indique Doug Ritchie d’Ecology North. Alors, pour ces raisons, je pense que c’est très difficile d’avoir un projet durable. »

Les écologistes désirent que l’Office national de l’énergie réglemente l’usage final du gaz, afin de s’assurer que le gaz des Territoires du Nord-Ouest alimente des initiatives vertes plutôt que des industries polluantes telles que les sables bitumineux albertains. Mais, de l’aveu même d’Ecology North, la façon de mettre cette proposition en pratique n’est pas connue. « Nous n’avons pas exploré la question de façon exhaustive, convient Doug Ritchie. Mais j’imagine que s’il y a une volonté, il y a une façon de le faire. »

L’avocat des écologistes, Keith Fergusson de la firme écojustice, estime quant à lui que s’il serait tortueux de contrôler l’usage exclusif du gaz du Mackenzie, mais qu'une stratégie nationale serait une solution envisageable.

Durant l’après-midi, les promoteurs de ce projet de 16,2 milliards de dollars ont affirmé que le projet de gazoduc était dans l’intérêt de tous les Canadiens.

Selon les représentants de la pétrolière Impériale, la construction du gazoduc engendrera des bénéfices durables pour le Nord et le Canada dans son ensemble. Dans leur soumission, les promoteurs ont fait valoir que l’impact économique positif était plus important que les possibles impacts négatifs sociaux et environnementaux.

L’Office national de l’énergie se déplace ensuite à Inuvik pour y tenir une rencontre le 20 avril. La décision à savoir si l’ONÉ estime que ce projet est d’intérêt public est attendue à la fin du mois de septembre 2010.