Pipeligne du temps

06 janvier 2011
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 1789 – L’explorateur Alexander Mackenzie note dans son journal que les Dénés utilisent du bitume pour étanchéiser leurs canots.

 

1918-36 – Imperial Oil fait l’acquisition de deux concessions explorées au début du siècle. Du pétrole est trouvé en abondance près du site actuel de Norman Wells. Ouverture en 1936 d’une petite raffinerie à Norman Wells pour desservir la mine d’uranium Eldorado, sur la rive est du Grand lac de l’Ours.

 

1942-45 – Construction et mise en production de l’oléoduc Canol reliant Norman Wells à Whitehorse, Yukon.

 

1962 – Forages exploratoires près de Tuktoyaktuk et sur l’île Melville dans le Haut-Arctique.

 

1966-73 – Intensification de l’exploration pétrolière dans le delta du Mackenzie et la mer de Beaufort.

 

1973 – Le gouvernement libéral minoritaire veut ouvrir le Nord au développement gazier et s’apprête à accorder un permis de construction à Foothills Pipelines. Le Nouveau parti démocratique, qui détient la balance du pouvoir, s’y oppose et réclame une enquête indépendante.

 

1974 – Le juge Thomas Berger est chargé de mener une enquête concernant la construction d’un gazoduc dans la vallée du Mackenzie. Le gouvernement de Trudeau est défait par une motion de défiance pour ensuite être réélu avec une majorité.

 

1976 – L’opinion publique canadienne est majoritairement rivée contre le pipeline.

 

1977 – Dépôt, à six mois d’intervalle, des deux volumes du Rapport de la commission Berger. Ce dernier rejette intégralement l’idée d’un gazoduc traversant le Yukon et réclame un moratoire de dix ans sur la construction d’un gazoduc dans la vallée du Mackenzie, le temps pour le fédéral de conclure des ententes de revendications territoriales avec les premières nations et les Inuvialuits.

 

1984 – L’Accord final sur les Inuvialuits est adopté par la Chambre des communes. Il s’agit du premier « traité  moderne » conclu entre Ottawa et un peuple autochtone concernant les revendications territoriales.

 

1985 – Le premier oléoduc souterrain au Canada mesure 869 kilomètres. Il relie Norman Wells à Zama, Alberta.

 

1992 – Entente sur la revendication territoriale globale des Gwich’in

 

1993 – Entente sur la revendication territoriale globale des Dénés et Métis du Sahtu

 

2000 – Nouvelle proposition pour la construction d’un gazoduc dans la vallée du Mackenzie, cette fois présentée par un consortium réunissant les pétrolières Shell, Connoco-Phillips et Exxon, sous la direction L’Impériale.

 

2001 – Création de l’Aboriginal Pipeline Group. Tous les groupes autochtones de la vallée du Mackenzie y adhèrent à l’exception des Dehcho.

 

Septembre 2004 – Mise en place de la Commission d’examen conjoint, chargée d’évaluer les impacts environnementaux et sociaux du projet.

 

Octobre 2004 – Les promoteurs du Projet gazier du Mackenzie déposent leur Énoncé d’incidence environnementale.

 

Juin 2005 – Audiences publiques pour déterminer si la documentation est suffisante pour procéder à la révision. Les promoteurs sont renvoyés à la table à dessin.

 

Novembre 2005 – La vice-première ministre du Canada, Anne McLellan, fait parvenir une lettre au consortium gazier dans laquelle elle offre des promesses d’investissements fédéral dans le projet.

 

Juillet 2005 – Entente hors cour entre le gouvernement fédéral et les Premières nations Dehcho. Les premières nations reçoivent 31,5 millions de dollars et retirent leur poursuite concernant le manque de consultation dans l’établissement du processus réglementaire pour le pipeline.

 

Janvier 2006 – Début des audiences publiques de l’Office nationale de l’énergie puis de la Commission d’examen conjoint.

 

Août 2006 — Lors de sa première visite aux Territoires du Nord-Ouest comme Premier ministre du Canada, Stephen Harper déclare qu’il fera « tout ce qui est légalement possible pour s’assurer que [le projet Mackenzie] aille de l’avant. »

 

Octobre 2006 – Le groupe Ecology North estime que le projet fera doubler les émissions de gaz à effet de serre des TNO.

 

Décembre 2006 – La Cour fédérale donne raison aux Déné Tha du nord-ouest de l’Alberta qui affirmaient avoir été écartés des consultations.

 

Mars 2007 – Le coût du projet est désormais évalué à plus de 16 milliards de dollars.

 

Novembre 2007 – Fin des audiences de la commission d’examen conjoint. Au cours de ces deux années, plus de 200 personnes ont témoigné devant la commission dont une majorité de résidents du Nord.

 

Décembre 2009 – Dépôt du rapport de la Commission d’examen conjoint. Le panel se dit favorable au projet  qui pourra permettre l’établissement d’un « avenir durable » pour le Nord, mais émet 176 recommandations dont la mise en œuvre est jugée essentielle.

 

Mai 2010 – Audiences finales de l’Office national de l’énergie.

 

Juin 2010 – L’office national de l’énergie annonce qu’elle révisera sa politique en matière d’exploitation des hydrocarbures dans l’Arctique.

 

Octobre 2010 – Les gouvernements répondent au rapport de la Commission d’examen conjoint. Ils rejettent entièrement 15 % des recommandations et évitent plus de la moitié d’entre elles dont ils acceptent l’intention sans se sentir forcés d’en respecter la lettre. Toutes les recommandations touchant les projets futurs sont ainsi écartées, les gouvernements considérant que la commission a outrepassé son mandat.

 

Décembre 2010 – L’Office national de l’énergie publie son rapport favorable au projet. La décision est assortie de 264 conditions.

 


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Écrit par Anonyme, 07 janvier 2011, 23 h 26
Merci pour ce beau résumé. Jean Binette, Dunham Québec