Le Chef : Pierre LePage

15 octobre 1999
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Pierre LePage, mieux connu par ses pairs sous le pseudonyme amical le Chef Pierre, ne cesse d’impressionner ses clients par la qualité des mets qu’il sert depuis quelque temps au Resto Bar le Frolic. Fervent amateur de bonne bouffe, il sait préparer des repas dignes d’un véritable gastronome. Son établissement (fondé avec son partenaire Harvey Bourgeois) est également devenu un des repères préférés des francophones de Yellowknife. Tous les vendredis, on peut rencontrer des francophones en train de caler une bonne cervoise avec leurs chums dégustant simultanément des moules provenant de l’Île du Prince-Édouard.

Le Chef affirme qu’il ne veut pas refiler a sa clientèle la saveur du " fast-food " des mets américains que l’on retrouve dans la majorité des restaurants de la capitale. Empoisonner les gens avec des hamburgers et des roteux, il n’en est pas question.

Pierre Lepage soutient qu’il mène ses recherches jusqu’au bout pour donner à ses clients la meilleure qualité sur le marché. Une journée il peut se promener auprès d’eux et leur offrir un fromage importé de la Suisse, ou une autre trouvaille sortant fraîchement de son four à douze ronds. " J’aime une certaine cuisine traditionnelle. Je ne suis pas influencé par la Californie et le Mexique. Les gens peuvent trouver des nachos partout en ville. Moi je veux leur offrir quelque chose de différent. " En effet, Pierre LePage a la ferme intention d’ouvrir un nouveau restaurant au-dessus du Frolic la semaine prochaine. L’Héritage ouvrira ses portes à une clientèle avide de repas de qualité.

" Avec ce qu’il y avait déjà en ville comme restaurants, ca ne m’intéressait pas de faire cuire un steak et des primes ribs. Il y a des gens qui ne vont même pas au restaurant parce qu’ils se disent qu’ils peuvent mieux manger chez eux. " " Je connais des gens d’affaires qui vont manger au restaurant dans le Sud une fois par année parce qu’ils ne trouvent pas de restaurant offrant la qualité qu’ils recherchent à Yellowknife. " Le Chef est certainement l’homme à offrir cette qualité. Il a rapidement substitué les nachos pour des moules et des fromages importés sur sa table. Maintenant il s’apprête à se lancer à la conquête du public appréciant la nourriture.

Il a investi une fortune afin que ses clients puissent déguster les meilleurs vins du monde sur les tables de l’Héritage. Le Chef fait également monter ses produits en avion afin que sa clientèle puisse profiter de ce qui n’est pas offert sur les tablettes de l’épicerie locale. " Je compte faire mon propre pain et mes pâtisseries pour les clients. Si l’un d’entre eux souhaite avoir un plat particulier qui n’est pas offert sur sa table, alors je vais aller lui préparer ce qu’il aimerait avoir. " Il aimerait certainement donner à ses clients une saveur européenne. " La cuisine française, c’est international. Les Français se servent de tout ce qu’ils peuvent trouver dans la préparation de leurs repas. Je compte en faire autant. " Le Chef soutient qu’à l’Héritage, les désirs des clients se font déjà sentir. Il affirme que l’espace réservé pour la période des Fêtes est presque comblé sur réservation.

LePage est certainement un personnage qui aime relever les défis au niveau culinaire. Il a fait ses études en cuisine à Strasbourg et il a travaillé aux côtés des meilleurs chefs du pays. En 1979, le chef du Château Laurier à Ottawa l’engage et il se met ses talents à contribution pour les estomacs des chefs d’État.

Le voyage est sa deuxième vocation. Il parcourt plus de 32 pays et plusieurs continents au cours de sa carrière. Au début des années quatre-vingt, il participe à des compétitions internationales réservées aux meilleurs chefs.

L’année dernière, il a remporté une médaille d’or à Québec pour un repas qu’il a savamment confectionné avec du caribou et d’autres animaux nordiques en compagnie d’autres chefs du Nord. " On a juste eu une seule occasion pour se préparer ", concède-t-il humblement comme s’il voulait s’excuser.

Cette année il a dû s’absenter des compétitions afin de s’occuper de ses nouveaux établissements. Toutefois, il promet de se remettre à la course l’année prochaine.

Le Chef est également un hommes d’affaires. Il a maintenant plusieurs employés sous sa tutelle. " Je prends des apprentis en cuisine. J’aimerais bien former des cuisiniers, probablement quatre, d’ici l’année prochaine. " Entretemps, il promet d’offrir un service bilingue à sa clientèle. Cette promesse est plus qu’accomplie puisque la serveuse préférée des francophones, Christine (voté par Annie Chamberland et les autres fumeurs de bidis), est originaire du Québec.

Quel autre visage se cache derrière le Chef ? À ses heures libres, il est un grand navigateur. Son parcours lui a permis d’acquérir le talent nécessaire pour ouvrir un restaurant de qualité.