Éditorial : Perte de temps

14 octobre 2014
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J’ai prélevé une citation du ministre des Affaires étrangères, John Baird, afin d’illustrer le caractère mensonger de sa démagogie militariste.
«(...), mon Canada a fait sa part pour défendre ses idéaux et ses valeurs qui ont fait de ce pays l'envie du monde. Mon Canada répond à l'appel. Mon Canada protège les vulnérables. Il affronte l'agresseur. Mon Canada ne laisse pas aux autres la tâche de faire tout le travail. Nous prenons nos outils et nous faisons ce que nous avons à faire. »
Les valeurs et les idéaux du Canada, on les a soulignés cet été alors que le ministre Baird soutenait Israël lorsque des hôpitaux et des écoles étaient bombardés sans remords au cas où des « terroristes » s’y cacheraient. Femmes et enfants sans défense ont péri aux mains de cet « allié » du Canada. C’est ça les valeurs du Canada de nos jours. Finie l’époque des Casques bleus alors qu’on pouvait compter sur les forces canadiennes pour aider les innocents.
La réputation du Canada n’est plus celle du pays bienveillant qui se portera à la défense de la paix. La réputation ternie du Canada est maintenant celle d’un pays qui aboie sur demande et attaque selon les besoins des États-Unis. On a été fier du Canada quand le premier ministre de l’époque a refusé d’engager le gouvernement dans une guerre sans issue et sans raison – l’invasion de l’Irak. Plusieurs années plus tard, le monde entier reconnaît l’inutilité de cette invasion et on s’aperçoit qu’elle a engendré ces mouvements extrémistes qu’il faudrait maintenant combattre.
En Irak, depuis 11 ans, les agresseurs ont toujours été les États-Unis et leurs alliés qui ont envahi ce pays. Continuer de s’y battre est toujours inutile, bien que cela devrait aider à consolider les approvisionnements en pétrole, une ressource encore fort abondante en Irak. Parions que le Canada aura à défendre les pauvres populations irakiennes, surtout autour des puits et des pipelines, comme par hasard.
Qu’on le veuille ou pas, une intervention armée ne changera absolument rien au sort des femmes et des enfants qui vont périr pris entre les frappes intégristes et les frappes occidentales. Et dans 20 ans, il y aura une nouvelle génération de jeunes musulmans prêts à prendre les armes contre les envahisseurs.
Quand les États-Unis décideront-ils de quitter l’Irak? Lorsque le pétrole sera épuisé?
Le Canada ne doit pas se rendre en Irak comme agresseur. Le Canada doit s’y rendre en tant que bâtisseur et travailler à rétablir la paix, quitte à pointer du doigt les États-Unis. L’excuse des États-Unis (détruire la menace intégriste) ne tient pas et le Canada ne doit pas être dupe.