Loisirs : Permission de grimper sur les murs

14 février 2014
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Annie-Claude Boudreau se livrant à une démonstration d'escalade. On ne s'aventure pas tant en hauteur que dans des trajets plus ou moins horizontaux, avec des niveaux de difficulté variables.

Annie-Claude Boudreau se livrant à une démonstration d'escalade. On ne s'aventure pas tant en hauteur que dans des trajets plus ou moins horizontaux, avec des niveaux de difficulté variables.

Un sport qui nécessite technique, force mentale et musculaire
 

Si la fièvre des altitudes vous démange et en attendant que l'été ou les montagnes viennent à vous, vous pouvez toujours vous consacrer à l'escalade intérieure et grimper sur les murs au Yellowknife Climbing Club (YCC). C'est permis et même souhaité!
C'est un peu bizarre quand on arrive au centre d'escalade en anglais — ça s'appelle bouldering wall — il y a des têtes de mort, des lézards et des formes de toutes les couleurs sur les murs, on dirait la maison des cousins de Hansel et Gretel. Mais en fait, c'est très sérieux, c'est ainsi fait sur tous les continents, et c'est comme ça qu'on pratique l'escalade, qui est, si j'ai bien compris, une forme d'alpinisme sans montagne. (Ce qui me rappelle le Dîner de têtes de Prévert : « On ne peut pas raisonnablement blâmer les régicides qui n'ont pas roi sous la main, s'ils exercent parfois leurs dons dans leur entourage immédiat ». Mais enfin.)
« Nous n'avons pas trouvé d'endroit extérieur pour pratiquer à Yellowknife l'hiver, m'explique Éric Frenette, trésorier du YCC. » Le monsieur, très sympathique au demeurant, me fait comprendre que la glace ou la pluie peuvent rendre très dangereuse la pratique de l'escalade, mais qu'il ne faut pas non plus arrêter deux semaines d’entraînement, sous peine de perdre de la force.
Alors les gens viennent à Kam Lake se garder la forme, dans des circuits sur les murs qui font davantage appel à l'horizontalité qu'à la hauteur. « C'est un sport qui prend de la force musculaire et mentale, explique Éric Frenette, mais aussi de la technique. Il faut un bon équilibre entre les trois. » Par force mentale, Éric entend la visualisation, la concentration et la confiance.

Générique et futur
Le YCC a été fondé en 2009 par Christian Beyrand, qui aurait depuis quitté Yellowknife. Ses membres font parfois de l'escalade extérieure ensemble, mais jamais sous l'égide du YCC, qui n'est pas assuré pour ce type d'activités. Aux dires d'Éric Frenette et de la vice-présidente Annie-Claude Boudreau, Yellowknife et ses environs n'est pas un endroit exceptionnel pour l'escalade, mais on y retrouve tout de même quelques sites dignes d'intérêt, dont un a malheureusement été perdu dernièrement pour cause de dynamitage. « Voir des vallées, des paysages, c'est pour ça qu'on fait de l'escalade, souligne Éric Frenette. Le rêve ultime, ce serait de développer les falaises du bras Est du Grand lac des Esclaves. »
Le gym d'escalade, lui, a ouvert en février 2013, il y a presque un an jour pour jour. Il a permis au YCC de tripler et même plus son nombre de membres, qui sont aujourd'hui 70. Le YCC propose des soirées de films sur l'escalade, des cours d'introduction à l'escalade. Ils peuvent d'ailleurs être donnés en français pour des élèves en immersion. Le YCC sera bientôt membre du Club alpin du Canada; en attendant, il s'affaire à organiser, pour mai 2014, des compétitions d'escalades.