Éditorial : Pas surpris du tout

09 avril 2015
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En lisant l’article sur la crise à la commission scolaire francophone du Nunavut, plusieurs événements semblables me sont venus à l’esprit.
Je pense d’abord à la cause Mahé. Un parent franco-albertain ose se lever contre le gouvernement provincial dans les années 1980. Les différentes associations de parents francophones le fustigent pour oser se dresser contre l’establishment scolaire et contre le gouvernement albertain. Plusieurs craignent un mouvement de ressac de la majorité anglophone albertaine pas très ouverte à la francophonie en général. Qu’à cela ne tienne, M. Mahé persévère afin d’assurer une éducation de qualité en français à ses enfants. Non seulement il obtiendra gain de cause en 1990, mais le jugement Mahé est aujourd’hui considéré comme la pierre d’assise de tout le droit scolaire encadrant l’instruction dans la langue de la minorité au Canada.
Un peu plus près de nous, je pense à la poursuite sur les services en français entamé au début du 21e siècle contre le gouvernement des TNO. Là aussi un mouvement informel de contestation s’est formé au sein de la francophonie pour protester contre la poursuite. Quelques années plus tard, après deux jugements, les tribunaux ont confirmé les manquements du gouvernement en matière de prestation de services en français. Désormais, la francophonie n’a plus à attendre le bon vouloir du gouvernement pour revendiquer des services car elle peut s’appuyer sur ces jugements.
Dans une situation très voisine de celle du Nunavut, des parents francophones et la Commission scolaire francophone ont poursuivi le gouvernement local pour des raisons similaires à celles soulevées par la commission du Nunavut. Ici cependant, la très grande majorité des parents francophones étaient en accord avec la poursuite. Il semble que le bien-être de leurs enfants passe avant tout. Le processus judiciaire n’est toujours pas terminé.
Ne demeurant pas au Nunavut, il m’est impossible de savoir qu’elles sont les raisons derrière la contestation de la légitimité de la commission scolaire. Est-ce un groupe de parents qui ont peur de la réaction du gouvernement du Nunavut et qui se servent de leurs critiques de la commission pour faire dérailler la cause? Est-ce un groupe de parents réellement désillusionnés face au comportement de la commission scolaire? Est-ce un groupe de fonctionnaires du Nunavut qui font du boulot de sape d’une organisation francophone pour leurs propres intérêts personnels? Est-ce un mélange de toutes ces raisons? Je n’en ai aucune idée. Mais ces questions doivent être posées pour mieux comprendre la situation quant on la compare aux autres situations similaires du passé.