Parcs Canada: Le gardien des bois

16 janvier 2009
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Québécois d’origine, Michel Desjardins est le seul Blanc et francophone de surcroît à travailler comme agent de surveillance météorologique pour Parcs Canada, au sein du parc national Wood Buffalo. Il fait ce travail depuis 1994. Chaque mois de mai, un hélicoptère le dépose à un peu plus d’une heure de vol de Fort Smith et vient le rechercher fin août. Tous les 21 jours, le même hélicoptère vient déposer son approvisionnement, l’alcool est absolument interdit pendant ces quatre mois de mission de surveillance constante.

Sur place, Michel Desjardins loge dans une sorte de cabine, pourvue de chauffage à bois, de gaz et de panneaux solaires qui alimentent en électricité l’électroménager et la télévision. Sa première mission est de faire des relevés météorologiques trois fois par jour pour les envoyer au bureau principal du parc. « Il faut tout relever, à savoir la température, le taux d’humidité et de sécheresse, les nuages, le vent, explique-t-il. On a quatre tours dans le parc, on est quatre personnes à donner les relevés trois fois par jour au bureau central du parc à Fort Smith par radio. » Si la tour fait 100 pieds de hauteur, le niveau du sol est à 2 800 pieds au-dessus du niveau de la mer, ce qui procure un champ de vision immense sur le parc. « Quand il y a des orages, je vois où tombent les éclairs, c’est un vrai spectacle, dit-il. Faut voir les éclairs tomber et frapper les arbres! Une fois, j’ai détecté un incendie qui était à 82 kilomètres de ma tour. » Quand il repère un incendie, aussitôt il utilise un détecteur automatique qui indique la position exacte du feu avec les degrés de latitude et de longitude, le bureau central est averti en temps réel.

Lorsqu’il a accompli ses tâches de veille météorologique, Michel Desjardins surveille les animaux sauvages : ours, loups, chats sauvages, grues blanches, etc. Il doit faire des rapports sur les animaux blessés, malades, sur leurs comportements.

Lorsqu’il parle des bêtes, son visage s’anime avec passion et tout son amour pour la nature transparaît à travers ses mots, son regard, ses gestes vifs et précis. « Les animaux te parlent, ils expriment leurs besoins, ils savent te faire comprendre ce qu’ils veulent et ce qu’ils ne veulent pas », dit-il d’une voix chargée d’expérience. Au début, j’étais moins à l’aise, mais je n’ai pas peur. Tu viens que tu comprends la nature et les animaux. Ils te parlent. » Dans son parcours de surveillance, Michel Desjardins a repéré sept sentiers tracés par une trentaine d’ours. Bruns et noirs, ils font leur vie dans ces bois touffus sans déranger l’agent. « Tu ne laisses pas traîner un toast sur la table, poursuit-il. Je n’ai aucune poubelle, je brûle tout. Si l’ours ne sent aucune odeur, il te laisse tranquille. »

Lorsqu’il s’enfonce dans le bois à la recherche des ours, il n’a pas d’arme. Simplement une bombe anti-ours qui ferait du bruit s’il devait l’utiliser, mais il ne l’utilise pas. « Un ours, si tu le surprends, la plupart du temps il est surpris aussi. Si tu ne le surprends pas et que tu te présentes à lui à 50 pieds, il va te faire savoir ce qu’il veut. S’il te regarde en bougeant les pattes et en faisant un peu de bruit, ou bien en avançant lentement tout en pissant partout, il te fait savoir que tu es sur son territoire et que tu n’es pas le bienvenu. »