Un roi des neiges : Palais de glace

19 mars 1999
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Pour rechauffer les coeurs et s'amuser un peu, Anthony Foliot, construit depuis cinq ans un immense palais de glace sur la baie de Yellowknife.

À l'intérieur: mille et une bonnes raisons de vous s'y pointer le bout du nez! Au loin, sur la Baie de Yellowknife, trône une immense masse de neige.

Intrigués, notre curiosité nous guide vers cet étrange amoncellement blanc qui, plus nous nous en approchons, se modifie pour emprunter les formes majestueuses d'un palais.

En regardant bien, on y repère la silhouette d'un homme, tantôt affairé à couper un cube de glace, tantôt occupé à soulever quelques pelletés de neige, celui qu'on appelle le Roi des neiges besogne sans relâche depuis les derniers mois d'hiver afin d'ériger son Palais de glace.

Ayant délaissé sa couronne, le Roi préfère être coiffé de sa casquette. C'est donc avec la fierté d'un noble mais la modestie d'un sujet, qu'Anthony Foliot règne sur son royaume enneigé depuis maintenant cinq ans.

Derrière sa barbe bien fournie, il cache un petit sourire lorsqu'on lui demande de raconter l'histoire de son Palais.

«Tout a commencé, lorsque j'habitais le Woodyard. À l'époque, le camion de neige n'y passait pas. Il y avait donc un tas de neige qui s'accumulait.

Alors, nous avons commencé à faire des petits châteaux de neige pour que les enfants du quartier puissent s'amuser. Depuis que je suis déménagé sur le lac, j'ai décidé de poursuivre la tradition.»

Cette année, une panoplie d'activités auront lieu au Palais: des soirées de cinéma, une pièce de théâtre, du patin libre sur la patinoire intérieure et même un bal royal. Le roi offrira une partie des profits accumulés grâce à la tenue des activités à deux organismes sans buts lucratifs de Yellowknife: la John Howard Society et le centre Abe Miller.

Malgré ce froid tordu qui ne semble pas vouloir laisser fleurir le printemps, une ambiance chaleureuse flotte à l'intérieur des murs glacés du Palais. Après une visite chez le roi des neiges, on repart donc le coeur chaud et rassuré.

Un peu plus loin...

Lorsqu'on s'attarde un peu plus à son histoire, on découvre que notre roi parle couramment le français. Son grand-père était originaire des îles St-Pierre-et-Miquelon, alors que sa grand-mère était native du Nouveau-Brunswick. Quant à lui, bien qu'il soit né à Toronto, il a grandi dans la banlieue ouest de Montréal.

«Mon père est francophone mais il ne peut parler français qu'au temps présent», explique-t-il avec un brin d'ironie, «et ma mère est anglophone.

J'ai appris à parler français de la 6e à la 8e année. Depuis, j'aime bien saisir toutes les occasions qui me permettent de m'exprimer dans cette langue.»