Activités traditionnelles : PHAB: Se sentir bien entre filles

23 février 2012
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On râpe du citron pour les petits gâteaux. (Photo : Virginie Bouchard)

On râpe du citron pour les petits gâteaux. (Photo : Virginie Bouchard)

Une dizaine de jeunes filles étaient réunies, jeudi dernier, dans le sous-sol de l’église catholique de Hay River, dans le cadre du programme PHAB, organisé par la ville.

Les discussions et les rires vont bon train dans l’église catholique romane. C’est la fin des classes et quelques jeunes filles sont déjà assemblées dans la cuisine pour participer à l’atelier PHAB; ce soir, elles vont faire des petits gâteaux.
« PHAB est un programme pour les filles, géré par des filles. Cela se déroule tous les jeudis soirs, de 15 h 30 à 17 h. Chaque jeudi, on fait des choses différentes », précise Emma Harper, responsable de la programmation pour le centre récréatif de Hay River. Cette idée, c’est elle et Marissa Oteiza qui l’ont eue. Beaucoup d’activités étaient organisées pour les jeunes de la collectivité, mais très peu étaient réservées aux filles.
« On a pensé que c’était une idée très intéressante de faire un programme où les filles pouvaient faire des choses qui les intéressaient et être dans un endroit où elles sont à l’aise. Un endroit où elles se sentent libres de poser des questions, s’exprimer et essayer de nouvelles choses », ajoute Mme Harper.

Apprendre à être une femme

Comme le disait si bien Simone de Beauvoir, on ne naît pas femme, on le devient. Au cours de ces ateliers, les fillettes expérimentent la cuisine, la couture et différents sports. « Je viens ici depuis octobre et j’ai assisté à toutes les activités. J’aime être avec mes amies, essayer de nouvelles choses et avoir du plaisir », raconte Abby, élève de 6e à l’école anglophone Princess Alexandra. Zumba, yoga, jazzercice, cuisine, coiffure, maquillage, rien n’est négligé pour plaire aux jeunes demoiselles.
PHAB n’est pas le seul programme de ce genre à offrir des activités exclusivement féminines. DOVE a également développé un projet de ce genre pour redonner l’estime de soi et apprendre ce qu’est la beauté.
« On a touché un peu à ces thèmes durant un atelier avec Angele Cano du Hub. Elle a discuté sur ce qu’est la vraie beauté. On a regardé des photos dans les médias et comment elles sont modifiées. Elles ne reflètent pas vraiment la réalité », mentionne la responsable du programme.

Joindre plus de filles
Pour le moment, PHAB attire davantage les filles de 9 à 12 ans, mais les responsables souhaitent élargir leur clientèle et toucher aussi les adolescentes. Des demandes de subventions sont en cours pour étendre le projet. « Nous espérons faire quelque chose avec un autre groupe d’âge, peut-être les 15-18 ans. Ce serait plus des ateliers de leadership et de mentorat qui pourraient avoir lieu une fois par semaine », avoue Mme Harper.
PHAB gagne également du succès auprès des femmes de la collectivité qui sont souvent demandées, à titre de bénévoles, pour animer des sessions. Les citoyennes de Hay River sont mises à profit, dont celles qui ont des commerces. D’ailleurs, le prochain atelier se fera dans une boutique de vêtements locale.
À savoir si le programme présentera des éléments de l’artisanat autochtone, la responsable hésite : « Je sais que les filles font déjà ce genre de choses à l’école. Le beading (perlage) est sur notre liste de choses à faire c’est certain, mais maintenant, ce que nous faisons, c’est généralement ce que les filles nous demandent de faire ».
Enfin, pour l’instant, PHAB semble bien répondre à son objectif premier, celui de réunir des jeunes filles. « J’aime cela (PHAB) parce qu’on apprend des choses qui vont nous être utiles quand on va être plus vieilles, comme cuisiner, se maquiller, faire des travaux ménagers. C’est amusant d’être loin des garçons », avoue Amy, élève à l’école Princess Alexandra.