Réalisée par une équipe de chercheurs pour le compte de la Commission
nord-américaine de coopération environnemen-tale (CNACE), cette étude est
la première à identifier clairement des régions émettrices de dioxine.
Celles-ci, bien que se situant à des milliers de kilomètres du Nunavut,
influencent la concentration de dioxine dans l'environnement du jeune
territoire.
Selon l'étude effectuée en 1996-1997, « la plus grande partie des retombées
de dioxines au Nunavut était attribuable à des sources américaines,
lesquelles représentaient entre 70 % et 82 % des totaux (selon
l'emplacement au Nunavut). De 11 % à 25 % des dépôts étaient imputables à
des sources canadiennes ».
Parmi les 23 catégories de sources émettrices de dioxines, six sont
responsables de 90 % des émissions : les incinérateurs de déchets urbains
solides, le brûlage de déchets dans les jardins, le brûlage de déchets
dangereux dans les fours, les incinérateurs de déchets municipaux, les
fonderies de cuivre de deuxième fusion et les usines de frittage du fer.
Les dioxines, transportées par de forts courants atmosphériques, se
déposent sur les lichens, les mousses, les arbustes et les algues de
l'Arctique. Chair de poisson et viande de phoque et de caribou, nourriture
traditionnelle des Inuits du Nunavut, contiennent des dioxines, ces
substances toxiques et cancérigènes.
Le Nunavut était une destination idéale pour effectuer l'étude, puisqu'il
n'existe aucune source importante de dioxines au Territoire pouvant nuire à
l'interprétation des données.
Certaines études ont même détecté ces dioxines dans le lait maternel des
femmes inuites. D'ailleurs, la présence de dioxines dans les tissus humains
est attribuable, en grande partie, à l'absorption d'aliments d'origine
animale, riches en matières grasses.
Les effets de ces polluants atmosphériques sur la santé sont très néfastes,
pouvant provoquer le dysfonctionnement du système de reproduction et des
troubles de croissance. De plus, les dioxines peuvent éventuellement causer
le cancer et la suppression du système immunitaire. Il s'avère donc
important de pouvoir en retracer la provenance afin d'éliminer ces
substances nocives.
Avec l'aide du Centre de biologie des systèmes naturels de la City
University of New York, la CNACE a contribué à mettre au point un outil
permettant de connaître les sources émettrices de dioxines. C'est un outil
similaire qui permit aux scientifiques de l'Administration nationale des
systèmes océaniques et atmosphériques des États-Unis de suivre le
déplacement des substances radioactives dans l'atmosphère comme lors de
l'accident nucléaire de Tchernobyl.
Lors de la prochaine réunion des ministres canadiens de l'environnement en
novembre 2000, ces derniers tenteront de faire adopter des normes
pancanadiennes pour les dioxines et les furanes.