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Environnement

Dioxines dans l'Arctique : Nunavut

Favori Impression :: Nunavut Karine MasséKarine Massé
Paru le 13 octobre 2000
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Réalisée par une équipe de chercheurs pour le compte de la Commission nord-américaine de coopération environnemen-tale (CNACE), cette étude est la première à identifier clairement des régions émettrices de dioxine. Celles-ci, bien que se situant à des milliers de kilomètres du Nunavut, influencent la concentration de dioxine dans l'environnement du jeune territoire.

Selon l'étude effectuée en 1996-1997, « la plus grande partie des retombées de dioxines au Nunavut était attribuable à des sources américaines, lesquelles représentaient entre 70 % et 82 % des totaux (selon l'emplacement au Nunavut). De 11 % à 25 % des dépôts étaient imputables à des sources canadiennes ».

Parmi les 23 catégories de sources émettrices de dioxines, six sont responsables de 90 % des émissions : les incinérateurs de déchets urbains solides, le brûlage de déchets dans les jardins, le brûlage de déchets dangereux dans les fours, les incinérateurs de déchets municipaux, les fonderies de cuivre de deuxième fusion et les usines de frittage du fer. Les dioxines, transportées par de forts courants atmosphériques, se déposent sur les lichens, les mousses, les arbustes et les algues de l'Arctique. Chair de poisson et viande de phoque et de caribou, nourriture traditionnelle des Inuits du Nunavut, contiennent des dioxines, ces substances toxiques et cancérigènes.

Le Nunavut était une destination idéale pour effectuer l'étude, puisqu'il n'existe aucune source importante de dioxines au Territoire pouvant nuire à l'interprétation des données.

Certaines études ont même détecté ces dioxines dans le lait maternel des femmes inuites. D'ailleurs, la présence de dioxines dans les tissus humains est attribuable, en grande partie, à l'absorption d'aliments d'origine animale, riches en matières grasses.

Les effets de ces polluants atmosphériques sur la santé sont très néfastes, pouvant provoquer le dysfonctionnement du système de reproduction et des troubles de croissance. De plus, les dioxines peuvent éventuellement causer le cancer et la suppression du système immunitaire. Il s'avère donc important de pouvoir en retracer la provenance afin d'éliminer ces substances nocives.

Avec l'aide du Centre de biologie des systèmes naturels de la City University of New York, la CNACE a contribué à mettre au point un outil permettant de connaître les sources émettrices de dioxines. C'est un outil similaire qui permit aux scientifiques de l'Administration nationale des systèmes océaniques et atmosphériques des États-Unis de suivre le déplacement des substances radioactives dans l'atmosphère comme lors de l'accident nucléaire de Tchernobyl.

Lors de la prochaine réunion des ministres canadiens de l'environnement en novembre 2000, ces derniers tenteront de faire adopter des normes pancanadiennes pour les dioxines et les furanes.
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