Petite enfance : Nous devons agir immédiatement - Rita Mueller

03 octobre 2014
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Des actions immédiates sont nécessaires en petite enfance, estime la sous-ministre adjointe de l'Éducation, de la Culture et de la Formation Rita Mueller.
Le 17 septembre, son ministère a publié des résultats d’analyses qui laissent voir des retards importants des jeunes enfants Ténois par rapport à la moyenne nationale, dans plusieurs sphères du développement. Ces retards sont plus prononcés dans les centres régionaux et les petites collectivités qu’à Yellowknife.
Selon cette étude échelonnée sur trois ans, 38 % des enfants ténois de 5 ans sont vulnérables dans un secteur de leur développement, comparativement à 25 % dans le reste du Canada. Cette statistique grimpe jusqu'à 53 % dans les petites communautés des TNO. 23 % des enfants de cinq ans sont vulnérables dans au moins deux secteurs de développement, comparativement à 12 % dans le reste du Canada. La moyenne des enfants ténois susceptibles d'avoir des problèmes de développement physiques dus à la malnutrition et au manque de sommeil est trois fois plus élevée que la moyenne nationale. 8,5 % des enfants des Territoires du Nord-Ouest ont des défis multiples, comparativement à la moyenne canadienne de 3,8 %.
Le gouvernement a utilisé l'Instrument de mesure du développement de la petite enfance (IMDPE), une méthode utilisée dans plusieurs pays pour analyser l'état de la petite enfance ténoise. Cet instrument analyse cinq zones, la santé physique et le bien-être, la maturité émotionnelle, le langage et le développement cognitif, les connaissances générales et les compétences sociales.
L'étude a été menée sur 1725 enfants de 5 et 6 ans; 94 % d'entre eux avaient le français ou l'anglais comme première langue. 769 enfants de garderie de Yellowknife, 384 de centres régionaux, 572 de petites communautés.

Des mesures déjà en place
Au ministère de l'Éducation, de la Culture et de la Formation, les résultats des tests effectués avec l'Instrument de mesure du développement de la petite enfance ont peu surpris.
« Mais ces résultats nous renforcent néanmoins dans l'idée que nous avons une situation critique aux Territoires et que nous devons agir immédiatement et de façon diversifiée », commente la sous-ministre adjointe Rita Mueller.
Le MECF n'entend pas pour autant changer son agenda ni allouer un budget supplémentaire pour intervenir en petite enfance. Rita Mueller souligne que le développement de la petite enfance était déjà une priorité
du ministère et que 22 actions spécifiques lui sont consacrées dans le plan stratégique 2013-2023, qu'il a élaboré avec le ministère de la Santé et des Services Sociaux. Ce plan s'intitule Partir du bon pied: cadre de développement du jeune enfant aux TNO.
Une de ces 22 actions préconisées est la mise en place de garderies juniors pour les enfants de quatre ans.
« Elles ont déjà été introduites dans 23 communautés en septembre dernier, de dire Rita Mueller, et elles seront offertes dans toutes les petites communautés et les centres régionaux en 2015-2016, et dans toutes les écoles des Territoires du Nord-Ouest en 2016-2017 ».

Stimuler le savoir
Toujours en conformité avec Partir du bon pied, le ministre de l'Éducation, de la Culture et de la Formation, Jackson Lafferty annonçait début septembre la création d'une bourse pour les individus désirant faire carrière dans le développement de la petite enfance. 10 bourses de 5 000 $ sont disponibles pour les étudiants collégiaux et universitaires à temps plein.
Le nombre de 10 bourses, précise la sous-ministre adjointe du MECF, est basé sur des informations ministérielles selon lesquelles en moyenne chaque année, six ou sept étudiants ténois choisissent d'étudier dans le domaine de la petite enfance.
« Nous voudrions, augmenter ce nombre, dit-elle pour offrir un incitatif supplémentaire à ceux et celles qui considèrent que la petite enfance est un bon champ professionnel. 10 bourses, est-ce assez? Il faudra voir. Nous n'avons jamais essayé avant. »
Pour le directeur général du Conseil de la littératie des Territoires du Nord-Ouest, Michael Corbett, dix bourses est un excellent début.
« C'est toujours avec de petits pas qu'on améliore les choses », dit-il.
Avec la place de programmes pour la petite enfance, le Conseil est un partenaire du MECF, notamment dans les petites communautés pour lesquelles il monte des programmes et forme des enseignants.
Michael Corbett met l'emphase sur la nécessité d'évaluer toute démarche entreprise et de sonder les communautés pour savoir si les programmes correspondent à leurs besoins.