Rupture des négociations : Négociation collective dans la fonction publique

15 mai 1998
0 Commentaire(s)
Les parties se sont rencontrées à quelques reprises durant la semaine du 4 au 8 mai mais peine perdue : leurs positions semblant inconciliables, les négociations ont été rompues.

Le gouvernement des Territoires a déposé le 8 mai dernier une offre finale en vue de régler le renouvellement de la convention collective. Cette offre finale proposait du même coup un règlement de la plainte de discrimination salariale vieille de plus de 10 ans.

Le ministre Todd soutient que cette offre finale est juste et équitable et il demande au Syndicat des travailleurs du Nord (STN) de présenter cette offre à ses membres.

En général, il semble que les parties sont près d'une entente sur la majorité des points de la nouvelle convention collective. Ce qui a mené les parties dans cette impasse, c'est leurs positions inconciliables sur la question de l'équité salariale et du système d'évaluation et de classification des postes.

Depuis le tout début des négociations, le STN a refusé d'inclure une entente sur le règlement de la plainte de discrimination salariale dans le cadre des discussions sur le renouvellement de la convention collective. De plus, la proposition patronale de classification des postes est loin de satisfaire le syndicat.

En ce qui concerne la proposition de classification des postes, les deux parties sont loin de s'entendre sur la pertinence du processus d'évaluation des postes ayant mené à cette classification. Selon la partie syndicale, la méthode retenue serait une variation inacceptable de la méthode Hay d'évaluation des postes. L'évaluation aurait porté sur des descriptions de tâches périmées et, de plus, le gouvernement n'aurait pas consulté les employés pour obtenir leurs commentaires sur les évaluations, contrairement aux principes de base établis par la méthode Hay. En conséquence, le syndicat rejette la proposition de classification des postes.

Pour résoudre cette situation, le syndicat a offert le 4 mai de travailler sur la classification des postes afin de la rendre non-discriminatoire. Il a aussi indiqué qu'il était possible de travailler en se basant sur le plan d'évaluation Willis. Ce plan avait servi de base à l'Étude conjointe sur l'égalité salariale menée par le GTNO au début des années 1990.

Le gouvernement n'a pas accepté cette solution. Le syndicat a alors demandé au gouvernement de référer cette question à un comité conjoint qui aurait pour mandat d'analyser la proposition de classification pour en déterminer la nature discriminatoire ou non. Le gouvernement a également rejeté cette proposition et a suspendu les négociations tant et aussi longtemps que le syndicat n'accepterait de reconnaître le caractère non-discriminatoire du plan proposé.

Du côté de l'équité salariale, le gouvernement insiste toujours pour régler le litige dans le cadre du renouvellement de la convention collective, ce que le syndicat refuse. Cette stratégie est la raison même pour laquelle les négociations ont été officiellement rompues.

"Dès que le gouvernement laissera tomber cette condition liant la plainte sur l'équité salariale à la négociation collective, nous retournerons à la table de négociation" a annoncé la présidente du syndicat, Jackie Simpson, le 11 mai dernier à Yellowknife.

Nunavut

Parmi les autres revendications soumises au gouvernement par la partie syndicale, cette dernière aimerait bien que le GTNO ainsi que le Commissaire par intérim du Nunavut signent une entente visant à protéger les employés actuellement à l'emploi du gouvernement et qui seront transférés au gouvernement du Nunavut.

Selon le syndicat, le gouvernement doit concéder une meilleure protection à ses employés s'il veut résoudre ses problèmes de dotation et de rétention du personnel.

"Je n'ai pas à rappeler au Commissaire intérimaire à quel point il est important pour le futur gouvernement du Nunavut d'avoir un personnel expérimenté pour les mener à travers la mise en place d'un nouveau gouvernement", a mentionné Jackie Simpson.