Économie autochtone : Nechalacho en territoire Akaitcho

24 septembre 2009
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Don Bubar et les deux chefs des premières nations des Dénés Yellowknives, Ted Tsetta, et Ed Sangris découvrent le nouveau nom du site minier. (Photo : Maxence Jaillet)

Don Bubar et les deux chefs des premières nations des Dénés Yellowknives, Ted Tsetta, et Ed Sangris découvrent le nouveau nom du site minier. (Photo : Maxence Jaillet)

Le partenariat avec les Dénés Yellowknives considéré comme un véritable signal positif pour le marché financier.

Prières, feu sacré, et hydravions nolisés ont rassemblé une cinquantaine de personnes autour de la cérémonie de ré appellation du site minier du lac Thor. Maintenant nommé Nechalacho, le site situé à 100 km au sud-est de Yellowknife en plein territoire autochtone, est envisagé comme une des plus importantes ressources de minéraux d’éléments de terre rares au monde. Actuellement, ce site canadien semble émerger comme l’unique projet pouvant échapper au monopole que détiennent les Chinois sur ces éléments indispensables au développement des technologies modernes (écran plasma, téléphone cellulaire) et vertes (éolienne, voiture hybride).

Don Bubar, le directeur d’Avalon Rares Metals qui développe ce projet, estime qu’il est primordial d’impliquer les premières nations dans cette aventure économique et ne peut que se réjouir du partenariat établi avec la première nation des Dénés Yellowknives. « La plupart des développements miniers se font en territoires autochtones. De nombreux conflits surviennent alors que les terres ancestrales ne sont pas respectées. Ces conflits avec les premières nations sont un risque pour le bon développement d’une exploitation minière. Grâce un partenariat et une bonne consultation auprès des Dénés Yellowknives, les risques de conflits sont atténués et nous envoyons ainsi un signal positif qui rassure certainement les investisseurs. »

Pour conforter le sentiment de bonnes relations qu’entretient la compagnie de Toronto avec le capital autochtone, l’ancien chef national de l’Assemblée des premières nations, Phil Fontaine a rejoint il y a quelques semaines le conseil d’administration d’Avalon Rares Metals.

 

Un bon exemple

Le premier ministre des TNO, Floyd Roland, a le sentiment qu’il s’agit d’un bon exemple à suivre pour l’industrie. « Notre rôle en tant que gouvernement est d’aider et faciliter le développement de nos communautés. L’éducation et l’employabilité constituent des priorités, et cela fait des années que nous clamons que l’industrie doit offrir ces opportunités. Voici l’exemple que cela peut fonctionner », assure-t-il.

Ce dernier rappelle aussi que ce partenariat est une bonne initiative de la part des représentants autochtones. Membres des premières nations Akaitcho, les Dénés Yellowknives n’ont pas finalisé leurs revendications territoriales, mais demeurent néanmoins proactifs. « Les partenariats peuvent s’établir dès les premières étapes d’un projet. Les Dénées Yellowknives nous prouvent qu’ils peuvent établir un partenariat sans nécessairement mettre en périls leurs revendications territoriales », analyse Floyd Roland en ajoutant que cette première nation pourra bénéficier des futures opportunités qui évolueront decette association.

D’après Patrick Brazeau, sénateur autochtone parmi les invités, cette façon de procéder est « la clé du succès ». Le sénateur conservateur suit ainsi la ligne de pensée du nouveau Chef national de l’Assemblée des Premières Nations, Shawn Atleo. Ce dernier, qui est lui-même un entrepreneur de Colombie-Britannique, espère bien mener les chefs des premières nations à entreprendre le chemin de l’indépendance financière.

Autant pour le premier ministre Roland que pour le sénateur Brazeau, les revendications territoriales ne constituent pas une excuse pour ne pas aller de l’avant avec le développement économique. « Si les communautés attendent après leurs négociations territoriales, ce sont elles qui vont perdre au bout du compte », déclare Patrick Brazeau.

Définitivement les Dénés Yellowknives se sentent brossés dans le bon sens du poil et ont décidé d’en tirer profit. Comme le prétend le chef de la communauté de N’Dilo, Ted Tsetta : « Avalon est venu frapper à notre porte, nous avons ouvert la porte et maintenant nous travaillons ensemble. Ils sont premièrement venus parler à nos chefs et à nos conseillers. C’est ce que nous considérons comme une consultation appropriée ». Selon lui les temps malheureux où les mines pillaient le territoire et partaient en laissant des sites dévastés et des problèmes sociaux sont révolus.

Les prières débutant la cérémonie du lundi 21 septembre, ont été faites pour protéger le territoire ancestral du chef Drygesse. La pluie fine qui s’est laissé tomber a été perçue comme une bénédiction pour ce projet minier qui selon Don Bubar a le potentiel d’être exploité pour plus d’un centenaire.