Nation Métis: Nouvelle force politique

14 novembre 2008
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« Il faut dépasser le niveau local pour travailler à l’échelon régional, et les femmes sont meilleures que les hommes pour savoir créer des relations et des réseaux entre les collectivités », témoigne Shannon Cumming, chef négociateur de la Nation Métis. Pour lui, cette élection marque un tournant décisif dans la politique autochtone.

Les Métis veulent dorénavant réunir leurs forces pour avancer dans des projets tels que les négociations territoriales, la gouvernance en éducation, santé, patrimoine et reconnaissance de la culture spécifique métis. Ils souhaitent dépasser les clivages locaux pour présenter une voix plus forte. Pour eux, le trio féminin sera capable de répondre à cette attente. La joie exprimée dans la salle, les étreintes des uns et des autres, les félicitations aux élues prouvaient à quel point ce changement est porteur d’attentes à résoudre.

Betty Villebrun, présidente élue, est cependant peu loquace sur les priorités de son mandat. « Nous continuerons à travailler pour faire aboutir le plus vite possible une entente sur des négociations territoriales avec le gouvernement fédéral et le gouvernement territorial », dit-elle brièvement. Interrogée sur d’autres projets à venir, Mme Villebrun a répondu que ces questions seront examinées lors d’une prochaine réunion au cours des quatre prochains mois. Car l’assemblée s’est achevée alors que 16 résolutions restent en suspens. Earl Jacobson, directeur général, confirme que la priorité numéro un demeure la question territoriale. En effet, en 1996, la Nation Métis et les gouvernements fédéral et territorial ont signé une entente-cadre pour commencer des négociations portant sur le territoire, les ressources naturelles et l’autonomie gouvernementale en éducation, en santé et en culture notamment. Ce processus est toujours en cours et, si beaucoup de points sont résolus selon M. Cumming, il n’en reste pas moins que les Métis veulent boucler ce dossier au plus vite.

D’ailleurs, dans la salle de l’assemblée, les assistants pouvaient consulter trois cartes de la région du Grand lac des Esclaves ainsi qu’un avis informant les Métis du début prochain d’une consultation publique dans les communautés de Fort Resolution, Fort Smith et Hay River. Parmi les questions environnementales, l’eau est une préoccupation majeure. « Nous sommes très inquiets par rapport aux sources de pollution générées en Alberta qui s’écoulent dans les cours d’eau, explique M. Jacobson. Nous souhaitons engager des discussions avec l’Alberta rapidement. »

Pour structurer les interventions et les actions, la Nation Métis souhaite que la présidente puisse occuper son poste à temps plein. Pour l’instant, Mme Villebrun travaille dans le domaine des ressources humaines pour le gouvernement des TNO.