Éditorial : N’importe quoi!

10 septembre 2015
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J’en ai un peu marre des groupes contre la cruauté faite envers les animaux. Je suis contre la cruauté faite aux animaux, mais je ne suis vraiment pas en faveur des mouvements qui prêtent aux animaux toutes les mêmes caractéristiques que les humains. Par contre, j’aime encore manger du steak et je suis coupable d’apprécier les récits de chasse et de pêche de Jocelyn.
Parlons de la nouvelle concernant le durcissement de la position du Parlement européen sur la vente de produits de la chasse aux phoques (page 6), incluant un durcissement envers les Inuits canadiens. Il se tue environ 100 000 phoques chaque année au Canada. Selon certaines données, les Inuits ne seraient responsables que d’environ 10 000 récoltes de phoques. Et on en fait tout un plat (le calembour est voulu)!
Selon un organisme de défense des animaux, il y aurait pas moins de 10 milliards d’animaux qui sont abattus annuellement aux États-Unis. On peut estimer que le nombre est de près de 14 milliards pour l’Europe si la population européenne est aussi friande de viande que les citoyens américains. Et voilà que le Parlement européen adopte des lois pour faire cesser la chasse de 100 000 phoques dont environ 10 % est attribuable aux Inuits. Quelle fraction cela représente-t-il face à la boucherie usuelle de l’Europe? Ce n’est pas 1 %, c’est plutôt 0,000001 %.
La question qu’il faut maintenant se poser, c’est quel impact la restriction de la vente de produit de la chasse au phoque aura sur la chasse dans l’Arctique? Que nenni chers amis européens! La chasse aux phoques est d’abord et avant tout une façon de mettre de la nourriture sur la table. En bonus, les Inuits pouvaient auparavant vendre également la fourrure pour ajouter à leurs revenus. Avec l’embargo européen, la valeur de la fourrure n’est plus que d’une vingtaine de dollars. Les Inuits tueront toujours leurs quelques milliers de phoques par année. La différence est que désormais plusieurs fourrures seront envoyées au dépotoir plutôt que d’être réutilisées.
Et pendant ce temps, les pêcheurs des provinces de l’Atlantique quant à eux seront subventionnés pour abattre des phoques afin de contrôler la population de ces mammifères marins en raison de leur impact sur les stocks de poisson.
Le plus rigolo dans l’article est la remarque d’une représentante de la Société internationale pour la protection des animaux : « les citoyens européens ont affirmé clairement qu’ils ne voulaient pas acheter de fourrure et autres produits issus de ce massacre horriblement cruel ». Madame, si c’est si clair, pourquoi alors avoir décrété un embargo? La réponse est simple, c’est parce que plusieurs Européens seraient encore enclins à acheter ces produits si leur vente était libre.
Cette décision du Parlement européen n’aura aucun impact sur la chasse au phoque. Ce n’est qu’une magouille pour aller chercher quelques votes de plus.