Le projet de l'ARC avance à grand pas : Mise en réseau des 18 stations membres

15 mai 1998
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Les préparatifs vont bon train à l'Association des radios communautaires du Canada (ARC). Tout sera prêt pour le congrès annuel qui se tiendra cette année à Ottawa les 5, 6 et 7 juin prochain. Au programme? Toutes les stations participantes seront sans doute anxieuses de connaître les développements de l'audacieux projet de l'ARC: la mise en réseau de toutes les stations membres...d'un océan à l'autre, tout en faisant un bond par dessus le Québec.

Le 4 février dernier dans sa décision 98-23, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications du Canada (CRTC) autorisait l'ARC du Canada et ses stations membres à se constituer en réseau d'un bout à l'autre du Canada, en excluant le Québec. Décision historique, puisqu'à venir jusqu'à aujourd'hui, seule la radio de la Société Radio-Canada remplissait ce mandat.

La décision de faire cette demande au CRTC avait été prise en juin dernier lors de l'Assemblée générale annuelle à Memremcook au Nouveau-Brunswick. Une fois l'autorisation acquise, il restait pour l'équipe de Michel Delorme à dénicher le financement nécessaire, soit 1.6 million. Selon le porte-parole de l'ARC du Canada contacté par l'Aquilon, l'exécutif sera en mesure d'annoncer des résultats très concrets de la campagne de financement qui s'est poursuivie tout au cours de l'année. Les deux commanditaires principaux de l'opération seraient Patrimoine Canada et la Société Cancom, propriétaire de satellites de télécommunications. La participation de Cancom serait théoriquement acquise en autant que le CRTC l'autorise ou la décrète.

Ce capital initial sera nécessaire au financement des immobilisations requises pour structurer le réseau. Le plan de l'Arc prévoit d'abord la mise sur pied d'une tête de réseau à Ottawa qui devrait créer 6 ou 7 emplois permanents. Cette opération implique l'organisation technique complète d'un studio de production. La deuxième étape qui devrait se dérouler jusqu'en juin 1999, reliera le studio d'Ottawa aux 18 stations de l'ARC déjà en opération à travers le pays. Dans son budget d'immobilisation, l'ARC prévoit fournir tout l'équipement nécessaire à chacune des stations membres pour capter le réseau, mais aussi pour mettre son propre contenu à la disposition des autres stations membres .

Les préparatifs techniques de cette audacieuse opération sont de trois ordres. D'abord, assurer le lien par satellite, installer le nouvel équipement informatique et enfin fournir aussi le matériel audio nécessaire à toutes les stations.

Une des conséquences quasi-miraculeuses de cette mise en réseau pour les stations membres sera de pouvoir diffuser des publicités nationales alimentées par le studio central et s'assurer ainsi d'une base budgétaire annuelle. Par ailleurs le plan de développement de l'ARC prévoit des frais d'utilisation annuelle de 5000 $ pour chacune des stations pour faire partie du réseau.

La radio communautaire de Yellowknife qui est en voie de devenir une authentique radio communautaire autonome fait déjà partie du plan de développement de l'ARC à titre de station récipiendaire d'équipements. Au moment de l'obtention de sa licence du CRTC, la nouvelle station recevrait donc une livraison d'équipements en provenance de l'ARC pour une valeur approximative de 35 000 $!

Si les plans de l'Arc sont assez transparents au niveau de la conception technique et du financement suite à des études de consultants spécialisés sur ces questions, ils semblent toutefois moins éloquents sur une politique du contenu éventuel de la programmation nationale. Est-ce que des émissions préparées localement par des équipes de bénévoles d'une station membre en vue de rejoindre un auditoire régional pourra capter l'intérêt d'un océan à l'autre?

Si ce n'est pas le cas, est-ce à dire que la petite équipe d'Ottawa va produire la majorité de la programmation nationale pour un réseau hors Québec qui se compare déjà avantageusement à Radio-Canada en ce qui concerne les cotes d'écoute? Est-ce que le nouveau réseau établira des priorités en matière d'information ou d'éducation populaire?

Une autre question délicate, c'est l'absence complète de l'apport des stations communautaires du Québec, qui se trouvent au coeur de la francophonie canadienne, dans l'élaboration d'un réseau de radiodiffusion francophone communautaire au Canada.